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Où en est l’extermination des sacs en plastique ?

Il y a de cela neuf mois, le gouvernement, par décret présidentiel, a annoncé l’interdiction de l’importation, de la fabrication, de la commercialisation et de l’utilisation des sachets et autres emballages en plastiques. Quid de sa mise en application ?

En août 2018, l’article 9 dudit décret dit que le gouvernement accordait  « un délai de grâce de dix-huit mois à compter de l’entrée en vigueur de ce décret pour écouler les stocks disponibles et les commandes passées ». Après neuf mois, on ne remarque pas encore de changement de grande envergure. On voit nos marchandises achetées au marché toujours emballées dans des sachets et autres emballages en plastique. L’utilisation quotidienne de ces derniers n’a pas évolué. Les importations de ces sacs en plastiques se feront-elles toujours sans aucune restriction ? Une question qui mérite une réponse.

Mais je l’accorde, certaines pharmacies et grandes alimentations ont déjà adopté la mesure en utilisant des emballages biodégradables. Je me demande ce qui manque pour que cela soit élargi dans tous les domaines où l’on utilise des emballages non-biodégradables.

Une nécessité absolue

Le ministre de l’environnement Dr Déo Guide Rurema réitère la nécessité de cette loi en spécifiant qu’un sachet plastique ne prend que quelques minutes pour être fabriqué, mais qu’il prend une centaine d’années pour se dégrader. Cependant, il indique que la mise en application de la loi interdisant l’utilisation des sacs en plastiques non-biodégradables nécessite d’autres lois qui l’accompagnent dans son processus.

Selon Queen Abimana, une environnementaliste de l’association « Tube heza dukingire ibidukikije », la mise en application de cette loi nécessite tout d’abord une sensibilisation au sein de la population pour leur expliquer l’importance de cette loi interdisant l’utilisation des sacs en plastiques puisque la population est la première utilisatrice de ces sacs. Cette dernière doit comprendre les inconvénients que peuvent causer ces produits non-biodégradables et les inciter à apprendre comment les recycler pour avoir un meilleur environnement.

Le recyclage comme solution

Oui, c’est possible que ces sacs non-biodégradables, après leur utilisation, puissent avoir un autre rôle plus constructif que destructif. Certains entrepreneurs burundais ont déjà franchi le pas pour cette cause louable de recyclage. Là, on peut citer Darlène Ndorimana, une jeune entrepreneure  qui recycle les sachets dans la fabrication de sandales, de broches et de boucles d’oreilles. Plusieurs solutions sont possibles pour le recyclage des sacs en plastique comme la construction des pavés à base de sacs plastique.

Les entreprises qui sont en mesure de fabriquer des emballages de substitution indiquent qu’ils sont en mesure de produire la quantité nécessaire pour couvrir toute la demande. Selon Eric Kwizera, le chargé de Marketing et communication de la société ELICOM, cette dernière est en mesure de produire une quantité suffisante pour couvrir tout le territoire burundais. « La seule contrainte que nous rencontrons, comme tant d’autre sociétés comme la nôtre, c’est l’importation des matières premières et des machines de production qui sont chères», précise-t-il.

Encouragement

La préservation de la nature est un devoir qui incombe à tout le monde. Si la loi interdisant l’utilisation des sacs en plastique pouvait être mise en application, ce serait un grand pas pour notre environnement vers un futur meilleur. L’article 8 de ladite loi stipule que le ministère en charge de l’environnement en collaboration avec les ministères sectoriels devrait établir un texte d’application définissant les modalités d’encouragement. Pour cela, il devrait par exemple exonérer l’importation des matières premières pour faciliter les sociétés qui veulent produire ces emballages de substitutions.  

Ce que rejoint la pensée d’Éric Kwizera, le chargé de marketing de la société ELICOM. Il demande au gouvernement de voir comment faciliter les activités de tous les maillons de la chaîne de valeur qui travaillent dans la fabrication des emballages non-nuisibles à l’environnement.

 

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