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Contraception : des chiffres et des mentalités en constante évolution

C’est la troisième enquête démographique et de santé (EDSIII) qui le révèle. Et derrière ces chiffres en hausse, le changement de mentalités, aboutissement de plusieurs années de sensibilisation notamment en matière de limitations des naissances. Des obstacles subsistent toutefois. 

Selon l’EDS III, l’évolution de l’utilisation des contraceptifs au niveau national est passée de 2,7 % en 2000 à 42,5% en 2017. Une augmentation liée au changement de mentalité des gens notamment chez les femmes en union, en matière de limitation des naissances. L’implant appelé « Akagegene » en kirundi et l’injectable « Agashinge » sont les contraceptifs les plus utilisés par les femmes tandis que les hommes font généralement recours au condom. Les femmes restent nombreuses à se mettre sous contraceptifs.

Des chiffres et des disparités

Qu’elles soient en union ou pas, la plupart des femmes qui ont recours aux méthodes contraceptives jettent plutôt leur dévolu sur la contraception moderne au détriment de la contraception traditionnelle. Elles sont 23% chez les femmes entre 15 et 49 ans en union et 34% chez les femmes non en union sexuellement actives. Et dans les deux populations, les injectables sont les plus prisées avec une utilisation estimée à 12%. Dans le groupe de femmes non en union sexuellement actives, l’utilisation du condom masculin atteint les 10% contre 1% parmi les femmes en union.

Fait attendu, toutes les caractéristiques sociodémographiques pèsent sur la prévalence contraceptive moderne. Ainsi, chez les femmes de 15 à 49 ans, l’EDS III nous apprend que la prévalence contraceptive moderne augmente avec le nombre d’enfants vivants, avec des variations irrégulières selon l’âge, la prévalence la plus élevée étant observée chez les 20-24 ans avec 27% contre 13% parmi les 45-49 ans chez qui la prévalence de la contraception moderne est la moins élevée. L’éternelle disparité entre le milieu urbain et le milieu rural persiste avec 29% contre 22%. Sans oublier une variation de la prévalence selon le niveau d’instruction, avec 20% chez les femmes n’ayant aucun niveau d’instruction contre 29% chez celles qui ont le niveau secondaire ou supérieur.

Une affaire de femmes ?

Au Burundi, la décision d’utilisation des contraceptifs est prise à 82% par tous les conjoints et elle est prise par la femme seule à 12%.

Malgré cela, Aimée Maniraguha, professionnel de santé du PSI regrette que les hommes ne se présentent presque jamais avec leurs femmes pour prendre les contraceptifs ou pour prendre des conseils en rapport alors que ce sont des décisions qui concernent la famille.

Le manque de consentement dans le couple dans la plupart des cas, la non-implication de l’homme en matière de prise de décision reste un des obstacles majeurs à l’utilisation de la contraception au Burundi.

À cela vient s’ajouter des barrières socio-culturelles notamment les croyances religieuses, les rumeurs sur les effets secondaires, l’ignorance mais également l’inaccessibilité géographique bien que les contraceptifs soient aujourd’hui distribués dans les centres de santé.

 

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