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Burundi : la surdité est-elle synonyme d’incompétence ?

Le 23 septembre de chaque année marque la journée mondiale de la langue des signes. Une langue qui n’est ni enseignée à l’école post-fondamentale ni à l’université du Burundi, ce qui bloque les sourds-muets de s’intégrer professionnellement dans la vie quotidienne.

S’ils parviennent à faire l’école primaire et secondaire, pourquoi pas  l’université? Le Burundi compte environ 1224 sourds-muets, soit 0,1% de la population selon l’ISTEEBU qui vit avec ce handicap. Un nombre qui n’est pas représenté dans le cursus académique.

Les écoles qui peuvent répondre aux problèmes des sourds-muets au Burundi sont quasi inexistantes. Un grand défis que rencontre les sourds-muets et même si l’ISTEEBU en parle, cette catégorie de la population reste toujours ignorée. Ils sont comme des étrangers dans leur pays. Un grand nombre de ceux qui vivent avec ce handicap ne vont pas à l’école et ne savent ni lire ni écrire. Ce qui rend leur intégration dans la société difficile.

Une langue à part entière

La charte internationale des droits de l’homme dit que tout être humain a droit à l’éducation, et les sourds- muets devraient avoir des chances de faire l’école.

De plus, communiquer à travers la langue des signes est un défi qui devrait avoir des alternatives en permanence. Une nécessité qui devrait permettre aux sourds-muets de suivre les études universitaires. Le constat est que même ceux qui ont eu la chance de fréquenter les centres d’enseignement sous convention catholique ne parviennent pas à faire l’université. La raison est que les universités publiques et privées n’ont pas des didacticiens pour ceux-ci,  ce qui constitue une barrière incontournable.

Et qui plus est, au Burundi ainsi que dans certains autres pays, les sourds-muets sont considérés comme des attardés. Or, la surdité n’est pas synonyme d’incompétences, bien au contraire. La langue des signes est une langue à part entière qui devrait aider les sourds-muets à s’insérer professionnellement et suivre le cursus académique comme tout le monde. Cela aura un effet positif sur l’évolution de la vie des handicapés au sein de la société.  Je ne doute pas qu’ils peuvent faire l’université et suivent les cours comme les entendant. Il appartient donc à l’Etat et le secteur privé de construire les infrastructures favorables aux personnes vivant avec ce handicap, sans oublier les ressources humaines qualifiées pour les aider à s’insérer dans le cursus académique facilement.

 

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