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Budget-Élections 2020 : « Qu’est-ce que ça va coûter réellement ? »

À moins de sept mois du rendez-vous électoral, aucune information ne filtre sur le coût général des élections de 2020. Ce sont nos premières élections totalement supportées par l’État, mais leur coût réel reste « sous le radar » de la CENI et du ministère des Finances. Cette situation n’impacte pas sur le processus électoral, mais c’est une question de transparence selon un expert électoral.

Le rendez-vous électoral approche. Aujourd’hui, on parle plus des modalités techniques et politiques que financières. Mais le gouvernement burundais a initié un projet de financement des élections de 2020 avec la création d’un compte bancaire qui rassemble toutes les contributions aux élections de 2020. Toutefois, la Commission Électorale Nationale Indépendante se réserve sur le coût de ces élections. Pierre Claver Kazihise, président de la CENI se dit rassuré par les moyens disponibles. Il reconnaît qu’une partie des activités de la CENI a été déjà couvertes.

« Le gouvernement a bien dit qu’il va supporter à 100% le financement des élections de 2020 et il a commencé à le faire parce que nous avons déjà réalisé l’ensemble d’activités. Il n’y a eu aucune activité annulée ou reportée par manque de budget quelque part. Notre rôle est d’organiser les élections et nous sommes déjà assurés que les moyens soient disponibles », a déclaré à la presse le président de la CENI il y a quelques semaines.

Cependant, le budget général de l’Etat exercice 2019-2020 prévoit plus d’1 700 000 000 des frais de fonctionnement de la CENI et 33 238 473 000 de francs burundais, une somme dite de provisions aux élections. Le total fera 34 37 514 043 francs burundais.

« C’est une affaire de la CENI »

Au niveau du ministère burundais ayant les finances dans ses attributions, l’on renvoie la balle à la Commission Électorale Nationale Indépendante. « C’est la CENI qui connaît le budget qu’elle va utiliser pour couvrir les élections de 2020 », répond  ce ministère. Tout ce que le ministère peut communiquer, c’est la somme déjà déposée au compte bancaire ouvert pour rassembler les contributions aux élections de 2020. Si les chiffres ne continuent pas à remonter, il s’agit pour l’heure de plus 64 milliards et 209 millions, affirme le ministère en charge du budget de l’État.

Mais cela n’a aucun impact sur le déroulement du processus électoral, selon un expert électoral. Maître Donatien Niyonsaba trouve plutôt que c’est une question de transparence budgétaire. « Pourvu que la CENI réalise sa mission », conclut-il.

En tout état de cause, la CENI a besoin d’un montant quelconque pour faire son travail. De plus, ses démembrements sont mensuellement rémunérés. Mais avec quel budget ? Que vont coûter réellement les élections de 2020 ? Sur les plus de 64 milliards déjà collectés, quelle est la somme qui sera utilisée et qu’en est-il du reste (si jamais il y en a) ? Le bon déroulement des élections est une chose, mais la transparence aussi n’est pas à négliger.

 

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Les commentaires récents (2)

  1. 64 milliards, c’est une belle somme, en monnaie locale. Mais vue que le gros du matériel (véhicule, carburant, documents papiers…) sera importé de l’étranger, il faut réduire la somme à plus ou moins 30 millions de dollars. Si nous partageons équitablement cette somme aux 119 communes du Burundi, chacune aura droit à plus ou moins 250 milles dollars. Cette somme risque vite d’être engloutie par les premiers jours de campagne électorale : c’est une machine très lourde et budgétivore. A supposer même qu’on fasse de la très bonne gestion de cette première étape (avec zéro corruption), pourra-t-on dégager assez de moyens pour le jour J des élections ? Un financement à minima sera préjudiciable à l’issue des élections.