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Les handicapés mentaux, invisibles de tous

Nos villes regorgent de ces pauvres hères, sans abri, moqués, craints, rejetés par les leurs et la société. Faut-il laisser leur vie dans les seules mains du destin?

Ngozi. Tantine est un sobriquet que lui ont collé les citadins. 50 ans  et quelque chose, la dame est née comme tout le monde. Seule la terre l’a trahie. Toujours habillée en sacs de farine transformés en pagne, elle suscite pitié.  

À la burundaise – par ouï-dire elle serait d’origine rwandaise – elle passe et maintient élégamment son pagne (en sac) aux épaules, alors que la tête est ingénieusement couverte de cette même étoffe destinée à contenir la farine.

Sa peau noircie par les conditions de vie inhumaines dégage une odeur repoussante. Ehautaine et sans aménité, elle accoste les passants : «Mpa ijana». (Donne-moi cent francs).  Toute somme d’argent est traduite par cent francs, chez elle.

Ça fait environ cinq ans qu’elle patauge dans cette maudite vie d’un damné de la terre. Durant les cinq années,  elle n’a cessé de circuler, chaque jour, fredonnant des chants profanes, la mousse amassée aux coins des lèvres, dans ces superbes pavées de la ville. Invisible. Ignorée. Cinq ans de vagabondage, sans destination et sans abri.

Where is the love?

Tantine est parmi tant d’autres handicapés mentaux. Nous les voyons, nous les côtoyons, chaque jour. Leurs vies se perdent à petit feu. Une vie que nous déplorons au premier moment de la rencontre. Après un certain temps, tout devient banalité, une routine. Ibisanzwe. «Les malades mentaux, nous en aurons toujours», se dit-on pour apaiser sa conscience.

Cependant, moi, j’ai des questions. Où se situe le rôle du gouvernement dans le bien- être de ses citoyens? Pourquoi ne pas mettre un fond spécial, réservé aux soins de santé des malades mentaux, vu qu’ils sont d’un taux insignifiant par rapport à l’ensemble de la population?

Et la part de la famille restreinte et élargie? Il est impérativement de leur devoir de faire soigner la personne dérangée mentalement, comme c’est le cas des autres maladies. Or, prétextant que le coût des soins pour les malades mentaux est élevé, ils sont laissés à eux-mêmes. Ce qui pour moi, relève d’un manque de volonté, étant donné que pour d’autres cas, les gens savent implorer un coup de main via les médias et réseaux sociaux. Mais, rares sont ceux qui crient au secours d’un «malade mental».

Nous devons apprendre à considérer les maladies mentales comme étant guérissables et non une fatalité.  Et appliquons-nous à intervenir pour leur accès aux soins de santé, et à un peu de dignité.

 

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Les commentaires récents (5)

  1. birababaje, twabifashe nkibisanzwe kandi bikomeye, ubuzima ni katihabwa, kuberiki za cancer, sida nizindizidakira zitabwaho, ubwo gushira umurwi w abantu muntara wogerageza kwiga uko twofasha abagendana ubumuga bwomumutwe ntivyoba vyiza? Ubushikiranganji bw amagara yabantu nubwogufatana munda, ubwumutekano bufate ico ciyumviro nka nkama. Yaga burundi murakoze kudukebura.

  2. Vraiment il est temps, si pas tard, que l’on puisse penser à cette catégorie oubliée d’autant plus que l’accord international des personnes handicapées a été ratifié par le Gouvernement du Burundi, et ces malades mentaux en font partie.

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