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Sport, Amour et Visa

Sur les plages du lac Tanganyika, beaucoup de gens s’y rendent pour profiter de son air frais, du sable et d’une bonne baignade,  mais ce n’est pas tout! Aujourd’hui, certains jeunes chômeurs y vont dans l’espoir de rencontrer une personne d’une autre couleur ou d’un autre pays, afin de nouer une relation intime, se marier et obtenir un visa pour l’Occident.

Au mois de juillet 2018, j’ai suivi Vianney (pseudo), un de mes cousins. Ce jeune licencié en informatique venait de passer plus d’une année chez Lumitel, l’une des entreprises de télécommunications œuvrant sur le territoire du Burundi. Son travail n’a pas duré. Il a été congédié avec six de ses collègues. Sans le sou, ils se sont retrouvés à la rue.

Pour ne pas sombrer dans la dépression, ils ont commencé à faire du sport. Beaucoup de sport! Chaque matin, ils quittaient les différentes zones de la commune Mukaza pour se rendre à la plage. Avec les moyens de bord, ils parvenaient à se payer une  boisson pour se désaltérer, en profitant du paysage exotique du lac. Sauf en cas d’empêchement majeur, c’était cela leur routine. Une routine, qu’ils n’étaient pas seuls à avoir adopté.

Love on the beach

Vianney et son groupe fréquentaient les plages un peu plus «class». Dans ces endroits, des Occidentaux en mission de travail ou en vacances y viennent souvent. Aujourd’hui, il devient de plus en plus rare qu’une personne blanche passe le long du lac sans être accostée par un.e. jeune, dans le fol espoir de se familiariser.

Après un mois de sport assidu, Vianney le plus chanceux du groupe, a fini par rencontrer Victoria* , une femme italienne de passage au Burundi pour  une mission de travail de six mois dans une ONG italienne. Elle a 15 ans de plus que lui.

« D’après ce que j’ai vu dans ma famille, je n’ai jamais eu envie de me marier avec un blanc car mon père n’a jamais été à côté de nous ou de ma mère pour nous montrer son affection’ », confie cette dernière. « Les blancs travaillent corps et âmes et souvent oublient les responsabilités dans le couple, cela m’a fait rompre avec trois hommes», explique -t- elle. « Au Burundi, j’ai eu ce privilège d’être au côté d’un homme qui m’aime et qui me donne tout son temps et son affection. En tout cas, en matière d’amour, les Occidentaux devraient beaucoup apprendre des Africains», affirme-t-elle dans un rire.

« La fin justifie les moyens »

De loin, l’histoire de mon cousin Vianney et Victoria ressemblait à un conte de fées. Toujours ensemble dans les restos et les plages de la capitale. Ils passaient des jours et des nuits enfermés dans une maison de passage de Ntahangwa. Un mois après leur rencontre, ils ont décidé d’officialiser leur « amour fou ».

À la fin du mois de septembre 2018, le gouvernement burundais ferma les portes de certaines ONGE, pour des raisons que vous n’ignorez pas. Celle de Victoria n’y échappa pas. L’Italienne dut quitter le pays, avec la promesse de revenir chercher son jeune mari. Promesse tenue, trois mois plus tard, elle est revenue, visa à la main pour son Vianney. Et le voilà  pliant bagages avec sa chère et tendre pour l’Occident à la mi-janvier 2019.

Le cas de Vianney n’est pas isolé. Les jeunes sans espoir de trouver un travail veulent tenter leur chance à l’étranger en tissant des liens avec les Occidentaux. Et quand on leur demande si l’amour (ou le bonheur) font partie de l’équation, la réponse est loin d’être romantique : « La fin justifie les moyens. »

 

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Les commentaires récents (2)

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