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Dix anecdotes méconnues sur la province Gitega

Gitega est en passe de devenir la capitale politique du Burundi.  Voici quelques anecdotes sur cette province du centre du pays, inconnues de la plupart de Burundais.  

C’est par hasard que le Prince Louis Rwagasore, héros national de l’indépendance, repose sur le mont Vugizo dans la ville de Bujumbura. N’eussent-été les Badasigana du parti Uprona qui s’opposèrent, le pouvoir colonial avait décidé que le fils aîné du Mwami Mwambutsa, Premier ministre lors de son assassinat, reposera à Gitega.  

Assassiné à Bujumbura dans la nuit de jeudi à vendredi 13 octobre en 1961, sa dépouille sera amenée au petit matin en province de Gitega. Dans son livre, Burundi (1955-1962) Souvenirs d’un combattant d’une guerre perdue, Jean-Paul Harroy, alors résident du Rwanda-Urundi, écrit qu’ils craignaient des insurrections à Bujumbura dont la gestion allait être difficile.  

Les funérailles qui allaient être organisées manu militari n’eurent pas lieu. Cela alors que tout avait été apprêté. Le corps du Premier ministre fut ramené à Bujumbura où il sera inhumé. Pour rappel, Bujumbura était alors la capitale du Rwanda-Urundi et Gitega, capitale du Burundi.  

Gitega et Ndizeye

Le prince Charles Ndizeye qui deviendra roi du Burundi du 8 juillet au 28 novembre 1966 naquit à Gitega en 1946. Presque six ans après le coup d’État qui l’avait écarté du pouvoir, le prince Charles sera tué dans la même province qui l’a vu naître.

S’étant reconverti en hommes d’affaires pour survivre, celui qui avait évincé son père du trône, pendant son long séjour en suisse, se retrouva en début de 1972 en Ouganda alors dirigé par le fameux Idi Amin Dada. Ce dernier le livra aux autorités burundaises qui l’enfermèrent dans le palais de Gitega.   

Dans la nuit du 29 avril 1972, qui marque le début de la crise, Charles Ndizeye fut assassiné à Gitega dans des circonstances non encore élucidées. Ses restes n’ont pas encore été retrouvés.

Gitega et les anciens présidents

Le colonel Jean-Baptiste Bagaza, qui inaugura le 1er novembre en 1976 la 2ème République, fit une partie de sa scolarité en province de Gitega. Avant le collège du Saint Esprit où il fit le cycle supérieur et l’École Militaire Royale en Belgique d’où il rentrera avec une licence en sciences sociales, le tombeur de Michel Micombero avait fait le cycle inférieur des humanités à Giheta.   

Le Major Pierre Buyoya, ressortissant comme ses deux prédécesseurs de la commune Rutovu en province de Bururi, qui déposa le président Bagaza le 3 septembre en 1987 à la faveur d’un coup d’Etat, garde de bons souvenirs de la province de Gitega. Dans son livre Mission possible, il assure qu’il pouvait renoncer à tous les avantages si cela avait été une  condition pour son maintien à Gitega.   

Pierre Buyoya y avait été affecté après son retour des études en Belgique (École militaire royale). Il sera à l’origine de la naissance dans cette province d’un important camp militaire de l’armée burundaise, le 22ème bataillon blindé.

Les armements avaient été négociés et acquis en avril 1976 auprès des autorités soviétiques, écrit Cyprien Mbonimpa, alors chargé d’affaires à l’ambassade du Burundi à Moscou.

Gitega, faiseur de chefs d’État?

La province de Gitega accueillera à 13 ans Melchior Ndadaye, ressortissant de la province de Mwaro, pour ses études secondaires. De 1966 jusqu’en 1972, celui qui deviendra le premier président démocratiquement élu à la suite des élections du 1er juin 1993, suivait des cours à l’École normale de Gitega (ENG).  

Il dut partir en exil au Rwanda en 1972 en raison de la crise qui frappait alors le pays. Cependant, après son retour d’exil en 1983, Melchior Ndadaye s’installa de nouveau à Gitega où il sera d’ailleurs le premier secrétaire du Syndicat des travailleurs du Burundi (UTB). Celui-ci était affilié à l’Uprona, parti unique à l’époque.

Comme ce fut le cas pour ses prédécesseurs de loin, Gitega accueillit Pierre Nkurunziza, chef d’État en exercice, très jeune. Natif de la province de Ngozi, au nord du pays, après ses études primaires dans sa région, celui qui occupe le fauteuil présidentiel depuis le 26 août 2005, fera toute sa scolarité secondaire à Gitega.   

Pour rappel, l’ancien chef d’État Sylvestre Ntibantunganya est natif de la province de Gitega. Il a fait toute sa scolarité primaire et secondaire dans cette même province.   

Tout comme  leurs frères, les princes Rwagasore et Charles Ndizeye, les princesses Rosa Paula et Régine sont nées aussi à Gitega.

Autre détail méconnu, l’empereur éthiopien et messie du rastafarisme Hailé Sélassié visitera le Burundi en 1973. Il choisira Gitega comme résidence. Depuis ce temps, Gitega est considéré comme la capitale du rastafarisme au Burundi.

La province de Gitega où la capitale politique vient d’être fixée aura donc toujours marqué l’histoire politique et culturelle du Burundi.

 

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Les commentaires récents (9)

  1. Sans oublier que l’âne d’un missionaire a refusé à continuer la marche a Mugera dans cette même province ce qui a rendu un premier pas à la mission catholique de Mugera

  2. La reine Elizabeth de Belgique est accueilli à gitega, sur la Place de la Révolution, devant le musée national.

    Le fameux Runyota avait organisé sa rébellion à gitega pour « affranchir les burundais » du joug colonial. Vaincu par les soldats belges, il sera brulé avec essence dans l’actuel quartier CNAR où il sera enterré.

    Ce même lieu abritera plus tard les tombeaux des personnes jugés assassins de Rwagasore, après leurs exécutions publiques au stade de la même province.

    La délégation onusienne venue vérifier si le peuple burundais désirait son indépendance, est arrivé comme par surprise au stade de Gitega, plein à craquer de population portant plusieurs pancartes revendicatives, alors que les belges prenaient leur bierre au Cercle de Gitega. Les dirigeants belges faisaient croire aux Nations Unies que le peuple burundais désirait rester une colonie.
    La délégation a compris.

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