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À Rumonge, Bujumbura n’est plus la terre promise

La ville de Bujumbura a longtemps été un lieu d’espoir, une solution pour gagner sa vie selon la jeunesse de l’intérieur du pays. C’était devenu une habitude à tel point que même les chômeurs sans le sou préféraient y rester que retourner chez eux. Mais cela c’était avant.

À Rumonge, la plupart des jeunes que je connais ne voient plus l’intérêt de quitter leur milieu natal pour le Bujumbura qui héberge tous les chômeurs du pays. Deux de mes connaissances m’ont avoué que même s’ils ont réussi à l’examen d’état leur donnant accès aux études supérieures, ils ne voient pas la nécessité de les poursuivre étant donné que pas mal de licenciés errent dans les rues de la capitale. Leur occupation majeure est d’avoir assez d’argent pour financer un exil pour l’étranger, notamment l’Afrique du sud.

Avant de partir, Gérard de la colline Kizuka en commune Rumonge, m’avait confié : «J’ai dû d’abord demander à mon père la permission de vendre ma  part d’héritage et il a accepté». Le jeune homme s’est envolé alors, comme on dit chez nous, «chercher sa vie». Et vu que ceux qui reviennent de ces pays influencent les autres en leur faisant miroiter des rêves de succès, tout jeune de Rumonge meurt d’envie de prendre le même chemin.

Vaut mieux souffrir à l’étranger que chez soi

Le jeune Albin vient de terminer ses études secondaires. Ses camarades et lui avouent vouloir partir à l’étranger. «Arrivé là-bas, je suis prêt à faire n’importe quoi pour survivre et revenir assez riche pour acheter des maisons et des parcelles comme les autres», confie Albin.

Pourtant rien n’est plus incertain que cet exil. Nous avons tous entendu des histoires des jeunes migrants clandestins, dont des Burundais, retenus prisonniers en Zambie. Et d’après Ézéchiel, un des jeunes ayant expérimenté la vie dans ces pays du sud de l’Afrique, les seuls secteurs qui peuvent les employer c’est soit dans les travaux ménagers, le jardinage, le gardiennage voire  même faire le ‘‘taxi vélo’’, «un boulot qu’un licencié burundais ne voudrait faire en aucun cas». Le jeune homme ajoute : « Je ne parle pas de ces individus  condamnés à mourir à l’étranger car n’ayant pas les moyens de rentrer au pays.»

Pour moi, c’est vraiment dommage que nos jeunes en soient arrivés là. Mais, toujours est-il, selon eux, qu’il «vaut mieux vivre comme un chien à l’étranger, où personne ne te connaît, que chez soi». Que faire alors pour garder nos jeunes au pays?

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Les commentaires récents (1)

  1. Chers Jeunes Compatriotes, « amahanga arahanda ». Oui, il y a ceux qui se debrouillent mais beaucoup deviennent la proie des poissons des mers.Pourquoi chercher à survivre? Encore à l’étranger alors que tu peux vivre chez toi?Chercher à travailler ensemble, apprendre à créer des petits travaux est la seule source de lutter contre la fuite des cerveau et l’exode intellectuel.

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