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« Ma vie de deuxième bureau »

Après qu’un officier de police a tué sa femme légitime à cause d’une histoire de maîtresse, une question me turlupine : à quoi ressemble la vie du  « deuxième bureau » à Bujumbura? Témoignage.

« Fatiguée » de vivre sous le toit de sa sœur ainée, Keza Jeanne*, la trentaine révolue, a emménagé dans un appartement en location à la demande de son homme. Elle vit dans le chic quartier de Gasekebuye où son appartement frappe par l’opulence dans laquelle baigne cette demoiselle. Son homme est un homme marié. Jeanne raconte qu’au tout début, elle n’a jamais voulu être sa maîtresse «par respect pour sa personne et surtout pour celle qui vit déjà avec lui ».

Elle relate : « Nous vivions au début une relation platonique où j’ai senti qu’il s’éprenait de moi et de mon côté j’étais attachée à lui, mais je ne voulais pas d’une relation avec un homme marié. Au fil du temps, mon amour pour lui a pris le pas sur ce que je pensais être mes principes de vie, mon code de conduite, pour devenir son deuxième bureau à mon corps défendant », affirme-t-elle entre éclats de rire. «Un jour, il m’a regardé dans les yeux pour me dire qu’il est marié, mais qu’il tenait beaucoup à moi. Cette franchise a été un plus dans la balance et j’ai pris cette maison où je vis, qui est la sienne aussi » soulignant : « Il passe pratiquement tous les soirs avant de rentrer chez lui.».

Le bémol

S’attacher à un homme marié, n’est pas toujours synonyme d’une vie rose. Pour Jeanne, le fait de ne pas être avec son homme quand elle veut ou s’afficher avec lui en public, par peur d’être découverte ou que lui-même le soit, la fait souffrir.

« L’absence d’un homme dans le foyer est un désastre, ça m’est arrivé de ne plus m’accommoder à cette vie de solitude malgré tout ce que j’ai à ma disposition. Il m’arrive de pleurer et de dormir mal à l’idée de savoir qu’il se rapproche de sa famille, tout en lui cachant mon désarroi, ma détresse, de peur de le perdre », témoigne-t-elle.

Briseuse.s de foyer

De peur de le perdre, Jeanne relate qu’elle use de tous les moyens et de toutes les astuces pour tenir son homme tranquille : «Cela va des mensonges aux menaces en passant par le chantage». Elle explique : «Ma force sur lui vient que mon homme-là trompe sa propre femme et ne voudrait pas que cela se sache. Il a donc peur, ce qui fait de lui un homme vaincu. Et puis le monsieur sait pertinemment qu’il n’est probablement pas (et certainement pas) le seul occupant de ce deuxième bureau et se dit donc que pour un rien, il peut en être expulsé ».

Pour Jeanne, vu que dans la population burundaise, les femmes ne cessent d’augmenter par rapport aux hommes, elle plaide pour la légalisation de la polygamie, afin de donner « la chance à toutes les femmes de vivre sous un toit avec un homme quitte à le partager avec une autre femme ». Une façon comme une autre de voir la vie et de défendre sa cathédrale. Qui sommes-nous pour juger?

 

* : le nom a été modifié pour des raisons d’anonymat.

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Les commentaires récents (3)

  1. non a la polygamie….
    , je ne cesserai de dire que si Dieu vous a creé(nous a creé ) ce n’est pas par simple hasard… garde ton sang froid et Dieu faira sa volonte sur toi…
    à votre tour d’accepter sa volonter . Merci

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