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Politique : que faut-il retenir de l’année 2018 ?

Contributions aux élections, révision constitutionnelle, relations avec Bruxelles et Kigali, déplacement de la capitale politique, échec du facilitateur dans le dialogue inter-burundais, affaire Ndadaye, etc., voici dans les grandes lignes les informations politiques qui ont marqué l’année que nous venons de terminer. Rétrospective.  

L’année avait commencé avec la ferme détermination de Bujumbura d’organiser les élections de 2020 avec les moyens propres des Burundais. Le ministre de l’Intérieur et celui des Finances avaient sorti conjointement au mois de décembre 2017 une ordonnance instituant les modalités de contribution aux élections de 2020.  

Les opposants ont fustigé notamment la retenue à la source sur les salaires des fonctionnaires. Ils ont dénoncé une ordonnance qui compromet le caractère volontaire qui doit caractériser normalement la contribution aux élections. À la fin de l’année, dira le président de la République, les contributions s’élevaient à 40 milliards Fbu sur les 70 milliards Fbu constituant le budget total des élections.  

En 2018, la révision constitutionnelle manquée en 2014 a été possible. Les Burundais ont été appelés au référendum le 17 mai. Ce scrutin a divisé davantage l’opposition. Les ténors de l’opposition interne, menée par Agathon Rwasa, leader de la coalition Amizero y’Abarundi, ont appelé tous les Burundais à voter contre le projet de la constitution. Pendant ce moment, le Cnared, plateforme de l’opposition en exil, appelait au boycott.

L’aveu d’échec de Mkapa

Ce fut une surprise le jour de la promulgation de cette nouvelle Constitution, le 7 juin en province de Gitega. L’annonce du président Nkurunziza, dans son discours en commune Bugendana, de ne pas briguer un autre mandat en 2020, a pris tout le monde de court.   Il réaffirmera fermement son engagement dans l’émission publique de fin d’année animée le 28 décembre depuis la province Ngozi.

En conformité à cette nouvelle loi fondamentale, les anciens présidents de la République ne sont plus les bienvenus au Sénat depuis le 18 juin dernier. «Il s’agit de s’adapter à la nouvelle Constitution qui ne reconnaît plus aux anciens chefs d’État le statut de sénateurs à vie comme le statuait l’Accord d’Arusha et la Constitution de 2005», justifiera Anicet Niyongabo, 2ème vice-président de la Chambre haute du Parlement.

L’année 2018 a levé les illusions des uns et des autres quant à l’issue du dialogue inter-burundais sous la houlette de la communauté des États de l’Afrique de l’Est. Benjamin Mkapa, ancien chef d’État tanzanien et facilitateur dans la crise burundaise, n’a pas réussi à convaincre Bujumbura de se présenter au 5ème round, qui lui était tout de même important.

Cette session a précédé la remise de son rapport au président Yoweri Museveni, médiateur en chef dans la crise burundaise.  C’est en l’absence du gouvernement burundais  que cette session a eu lieu.

Le président Buyoya, désormais recherché

Les relations entre Bujumbura et Bruxelles d’une part et Bujumbura et Kigali d’autre part ne se sont pas améliorées au cours de l’année qui vient de prendre fin. Le gouvernement a accusé ouvertement la Belgique, ancienne puissance tutélaire, d’être le commanditaire de l’assassinat du prince Louis Rwagasore, héros de l’Indépendance. C’était à la veille de la 56ème commémoration de l’assassinat de ce fils fédérateur du Mwami Mwambutsa.  

Pour ce qui est des relations avec le voisin d’outre-Kanyaru, les autorités burundaises accusent toujours Kigali d’avoir de mauvaises intentions contre le Burundi.  Dans son discours de vœux à la nation, le président Nkurunziza a fait savoir que 30 mille Burundais ont été refoulés par le gouvernement rwandais, privés de leurs conjoints, de leurs biens, etc.  

En fin d’année, 25 ans après l’assassinat du président Ndadaye, le premier chef d’État burundais démocratiquement élu, le dossier sur cette affaire a été sorti des tiroirs. Des arrestations ont été opérées, des mandats d’arrêt internationaux contre des anciens dirigeants civils et militaires, dont celui contre l’ancien président Buyoya, lancés.   

L’année 2018 verra plusieurs entorses à la diplomatie classique. Ce sera l’année où une lettre d’un chef de l’État à son homologue s’est retrouvée sur les réseaux sociaux avant que celui à qui elle était destinée ne l’ait réceptionnée! C’est ce qui est arrivé pour les correspondances que le président burundais et son homologue ougandais ont échangées. De toutes les façons, la fuite de ces lettres a donné l’occasion aux personnes ordinaires de constater que des chefs d’État s’écrivent parfois avec des mots acerbes.

En 2018, la Ceni  et la CVR ont eu de nouveaux membres. Pierre-Claver Ndayicariye, président de la Ceni qui a organisé les élections de 2010 et 2015, a succédé à Mgr Jean-Louis Nahimana, à la tête de la CVR.  L’observation de l’Assemblée nationale a été que l’équipe dirigée par ce prélat était, quatre ans après le début de son mandat, encore à la phase préparatoire.

Enfin, l’Histoire retiendra que c’est en 2018 que le gouvernement a décidé que Gitega reprenne son statut de capitale politique au détriment de Bujumbura.

En somme, 2018 aura été une année pleine de surprises. Que nous réserve cette année qui vient de commencer? Le retour des politiques en exil? L’annonce des candidatures à la présidentielle? L’agrément du parti de Rwasa? Ou soyons optimistes, la résolution de la crise politique? C’est mon plus grand souhait.

Bonne année à tous.

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