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Lutte contre les VBG : un combat vain si nous n’éduquons pas nos fils

On aura beau affirmer que l’enfant est à deux, mais dans  les faits, c’est nous les mamans qui nous en occupons le plus ou nous inquiétons plus. Et quand il s’agit des fils, on parle souvent de fils à maman, tellement les garçons sont souvent proches de leurs mères. Ai – je raison de penser que les mamans avons le pouvoir de changer les générations futures?

Impulser un changement dans notre société ne peut marcher que si on ne va pas  à l’encontre de notre culture. Parce que dans la culture burundaise, le garçon est parfois le petit prince de la famille qui ne fait que quelques travaux quand ça lui plaît et qui n’est occupé qu’à jouer jusqu’à l’épuisement. «Mattéo, dépose cette serviette et va jouer dehors! Léana vient nettoyer cette table! Tu n’as rien d’autre à faire qu’à jouer et te salir?» En tant que maman, vous avez sans doute déjà prononcé ou entendu cette phrase, ou une autre du même genre…

Et quand on éduque nos enfants différemment, en mettant plus de pression sur la fille que le garçon, on fabrique nous-mêmes le genre d’hommes qu’on critique aujourd’hui. «Assieds-toi bien, ne parle pas trop fort, fais ton lit, lave ton assiette, nettoie la table, respecte l’autre», devrait être enseigné autant aux filles qu’aux garçons pour leur offrir à tous de bonnes bases, des bonnes manières. Parce que la vie ce n’est pas qu’être fort(e) ou premier(e) en classe, beau ou belle, mais c’est surtout les manières qu’on applique dans sa vie de tous les jours.

Des lendemains chaotiques

On entend souvent des histoires, des garçons qui arrivent dans leur petit appartement ou dans une chambre de la fac à l’étranger et qui doivent appeler leur maman pour demander comment préparer un plat simple parce qu’ils n’ont jamais appris à cuisiner dans leur jeune âge. Encore cela n’est pas très grave, il y a toujours des tutos sur YouTube.

Mais lorsque enfant, il n’a pas appris le respect, le fait qu’une fille  est un être humain qui a les mêmes droits et non un objet qui a été créé pour exécuter et satisfaire les besoins et les désirs de l’homme, ce n’est pas Youtube qui le sauvera. Ce n’est pas non plus en grandissant qu’il va vraiment l’apprendre. Il y a certes toujours des exceptions, mais c’est rare.

Certains parents font de leurs mieux mais échouent à faire de leurs garçons des hommes d’honneur. Il en existe même d’autres qui ne se rendent pas compte du rôle primordial qu’ils ont dans le futur de leurs enfants.

Éduquer pour le futur

Je me réjouis de voir qu’actuellement certaines familles ont compris la nécessité d’éduquer leurs fils de la même manière que leurs filles. Ainsi, le jeune garçon grandit en sachant que tout ne lui est pas permis ou pardonné, qu’il doit se comporter en gentlemen et que jouer les machos ou le violent n’est pas le joker gagnant.

Chères filles et femmes, dans notre lutte contre les violences basées sur le genre, pensons à la génération future et faisons en sorte que nos efforts ne soient réduits à néant, en éduquant nos fils ou petits-frères pour qu’ils ne deviennent pas demain les «porcs» qu’on balance aujourd’hui.

 

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