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Burundi : ces faits de 2017 qui vont continuer à nous marquer en 2018

L’année 2017 aura été marquée par plusieurs faits et évènements, des heureux aux malheureux. L’année de toutes les couleurs, diraient certains. 2018 va-t-elle échapper à ce schéma ? Apparemment non. Les blogueurs Bella Lucia Nininahazwe et Alain Amrah Horutanga nous dressent la liste de ces faits ayant débuté  en 2017 mais qui vont continuer à marquer l’année 2018.

Vais-je contribuer depuis ce mois de Janvier ?

La contribution pour les élections de 2020 a été lancée en 2017 par le président de la République. Jadis volontaire, ce caractère s’est progressivement volatilisé allant jusqu’à dresser une liste des contributeurs et ce dont ils doivent à l’Etat. N’est-ce pas un devoir patriotique ? Un devoir oui, mais à l’impossible nul n’est tenu.  Et si les fonctionnaires s’indignent déjà, qu’en est –il du petit chômeur qui vient de passer plus de cinq ans à « quémander » même de l’argent pour se faire raser ? Il risque de continuer ainsi en 2018, voler même si possible, pour accomplir son devoir civique. Comme son âge le condamne à contribuer, il n’aura qu’à « s’arranger ».

La chute du Franc Bu va-t-elle se poursuivre ?  

Seuls les économistes semblaient l’avoir compris à l’avance : la dépréciation de la monnaie est une bombe à retardement et les conséquences de la pénurie des devises seront légion. Malheureusement, je n’ai pas tardé à  comprendre à mon tour : je vais prendre un taxi moto, le prix a grimpé. La réponse du conducteur : « i dollar ryaraduze » (le dollar a tari). Je vais m’acheter du pain, deux cent de plus, et c’est quoi la réponse ? « I dollar ryarabuze ».

La pénurie du carburant m’a contraint de marcher. « Shuut ! Ça n’a rien à voir avec les devises, juste un petit problème  qui sera vite résolu », lit-on ici et là. Malheureusement même avec 2018, le « petit problème » est toujours là.

Et la lumière fut

En 2017, le manque d’électricité à Bujumbura nous a fortifiés. Nous parcourions des kilomètres avec nos chargeurs pour aller voir, avec un large sourire flatteur aux lèvres, cet ami qui avait réussi à s’offrir un panneau solaire made in China. En 2017,  nous trimbalions tous ou presque ce power-bank qui faisait le quintuple du poids du téléphone à la longueur des journées.

À nos sombres rues s’ajoutait la galère dans nos maisons où nous dormions aux mêmes heures que les poules. La lune n’était pas là tout le temps pour aider à éclairer nos nuits. Le « messie », la Regideso nous a fait attendre longtemps pour nous « sauver » de cette situation. Mais à quel prix ?

Célébrations

Nous avons aussi connu plusieurs sortes de manifestations. Des concerts de Fally Ipupa, Koffi Olomidé ou encore Sauti Sol pour ne citer que ceux-là, aux cortèges hebdomadaires « Kwiyamiriza ». Si pour certains les premières étaient considérés par des nuisances sonores, les deuxièmes nous offraient un temps de repos supplémentaire après nos vendredis endiablés. Ce n’était pas mal ! On pouvait repousser nos rendez-vous dans l’après-midi et faire pleinement notre grasse matinée…  Qui ne s’était jamais étonné d’apprendre que tel samedi il n’y avait pas de manifestation ? Reviendront-ils ?

Nouvel an, nouvelles résolutions ?

L’an 2017 a été aussi marqué par l’ordre dans le désordre. Des files d’attente en toute sérénité, parfois dans les banques, au parking,…les Burundais ont eu des leçons de patience.

« Nouvel an, nouvelles résolutions ? » Pas vraiment burundais ce slogan. Mais si on ne s’attend pas à de nouvelles résolutions, les révolutions il y en aura… par exemple, le  référendum.

 


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