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Apprentissage de l’informatique à l’école fondamentale : un saut dans l’inconnu

À l’école fondamentale, il y a eu introduction des leçons d’informatique avec les cours des «Sciences et Technologies» et celui des «Sciences  Humaines». Mais jusqu’à aujourd’hui, les défis restent majeurs.

Dernièrement, une vidéo «drôle»  a circulé sur les réseaux sociaux. Elle montrait une enseignante tentant de convaincre un enfant de toucher le clavier d’un ordinateur mais très effrayé à l’idée de toucher cette chose qu’il ne connaissait pas, l’enfant était réticent. Normal, l’inconnu fait toujours peur.

Des challenges à tous les niveaux

«J’ai vu un ordinateur pour la première fois en arrivant à l’internat», témoigne Éric, un jeune élève du Lycée Mwaro. Avant cela, il ne connaissait cette machine que de manière théorique au travers des leçons de l’École fondamentale. «On nous nommait les différentes parties d’un ordinateur et nous, on essayait de se représenter son image, ou à travers un livre.», confie-t-il.

Même son de cloche chez Diomède. Cet enseignant de la Mairie de Bujumbura décrit lui aussi une situation qui n’est pas des plus reluisantes : manque d’ordinateurs donc enseignement sans matériel didactique avec toutes les conséquences sur l’apprentissage, mais aussi et surtout des enseignants pas bien formés pour dispenser cette matière.

En effet, plusieurs enseignants de l’École fondamentale n’ont pas appris ces nouveaux moyens de communication dans leur formation encore moins la façon de les enseigner aux autres. «Nous n’avons plus qu’à nous rabattre sur les livres d’élèves et d’enseignants et tenter d’expliquer aux élèves ce qui parfois nous est aussi difficile à cerner», me confiait un enseignant avant d’ajouter : « Certains d’entre nous avons déjà commencé à nous faire former ici et là en informatique pour qu’on puisse sauver notre honneur». Encore que celui-là est à Bujumbura et que ces formations ne sont accessibles au Burundi que dans des contrées limitées.

Des exemples de solutions

«Chaque enfant, quel que soit son pays d’origine ou son milieu social, devrait avoir la possibilité d’utiliser la technologie et d’en apprendre davantage sur elle», selon l’UNESCO. C’est donc une belle initiative que de vouloir apprendre aux enfants du pays les nouvelles technologies dès le bas âge, mais il faut se donner donc les moyens de cette initiative. Un partenariat avec des projets comme le One Laptop per Child (OLPC) pourrait y contribuer, d’autant plus que ça a déjà été utilisé dans d’autres pays en développement comme le Rwanda, le Ghana et l’Éthiopie pour ne citer que les pays africains. Cela permettrait d’accroître l’accessibilité aux ordinateurs et à moindre coût. Toutefois, il faudrait également accroître la couverture en électricité qui est un élément indispensable pour la réalisation de ce projet. Mais en attendant l’électrification de tout le pays, les plaques solaires pourraient faire l’affaire comme c’est envisagé chez notre voisin du nord.

L’autre volet concerne la formation des enseignants amenés à dispenser les cours d’informatique pour qu’ils puissent enseigner ce qu’ils savent réellement. Comme le dit si bien l’adage, «même la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a».

 

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