Frontiere Rwanda Burundi - Ruhwa
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Rwanda vs Burundi : une réédition de l’histoire

Les relations entre les deux voisins de part et d’autre de la Kanyaru ont toujours été jalonnées par des périodes de conflits. Plus que jamais, leurs relations ressemblent aujourd’hui à celles qui les ont caractérisées juste après les années des indépendances. 

Bujumbura et Kigali sont en train de rééditer les relations qui prévalaient entre eux dans les années 1960. Grégoire Kayibanda, président de la République du Rwanda, accusait son voisin de tolérer «l’agression» contre son pays depuis le territoire burundais.   

En effet, des Rwandais réfugiés notamment au Burundi depuis la «révolution sociale de 1959», à la suite de laquelle des milliers de filles et fils du pays des Mille collines prennent le chemin de l’exil, cherchaient à plusieurs reprises à retourner dans leur pays par la force. Ils faisaient des incursions qui, aux yeux des autorités rwandaises, étaient facilitées par Bujumbura.    

Fin 1963, ils réussirent à pénétrer dans leur pays. Par la suite, des incidents aux frontières se multiplièrent. Il s’en suit la montée des tensions entre les deux pays.

Kigali décida de porter le conflit aux Nations unies. Il demanda à son secrétaire général, le birman Thant, d’intervenir pour mettre fin aux hostilités. Ce que le Burundi a rejeté. Les autorités du Burundi s’en remettaient plutôt à l’Organisation de l’Unité africaine (OUA), ancêtre de l’Union africaine (UA).

Lors de la conférence tenue au mois de février 1964 à Lagos (Nigéria), la délégation burundaise demanda à son tour à l’organisation continentale de venir sur place pour «constater le drame» et faire des recommandations à l’endroit des deux Etats en vue du règlement définitif du conflit.     

Qu’en est -il de 2018?

Dans une lettre à Yoweri Kaguta Museveni, chef d’Etat ougandais et président en exercice des États de la communauté de l’Afrique de l’Est, le président Nkurunziza a demandé la tenue d’un sommet régional sur le conflit avec le Rwanda.

Le numéro un burundais prend le Rwanda pour principal déstabilisateur du Burundi : «Le Burundi et d’autres observateurs ont montré que de jeunes burundais, y compris des enfants, avaient été recrutés parmi les réfugiés de Mahama dans des unités de criminels et d’escadrons de la mort dans le but de déstabiliser le Burundi».

Pour rappel, Bujumbura n’a jamais cessé, depuis 2015, d’accuser son voisin du nord de comploter contre lui dans l’optique d’un changement de régime au Burundi. Ainsi, il a invoqué différentes organisations régionales notamment la Conférence internationale de la région des Grands lacs (CIRGL). D’aucuns qui observent les relations entre les deux pays seront amenés à dire que l’histoire se répète.  

Le sommet des chefs d’États de l’EAC a été reporté au 27 décembre prochain. Se pencheront-ils sur le fond du «conflit burundo-rwandais» comme le demande le président burundais ? Les deux pays cesseront-ils, à la suite de ce sommet, de se regarder en chiens de faience?  Time will tell.

Mais à mon avis, les présidents Nkurunziza et Kagame devraient organiser un sommet à l’image du sommet Trump-Kim dans un pays neutre de la région. Ils pourront ainsi étaler tous leurs différends en vue d’un retour à la normale. Cela ne fera que du bien à leurs peuples.    

 

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