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Pensées pour Louise, morte pour ses enfants

Le crime a bouleversé tout le Burundi. Louise a été assassinée par son mari, officier de police. «Coup de folie?», on se demandait. Que nenni. Ce n’était que la conclusion mortelle d’une vie commune remplie de violences, à l’instar de plusieurs foyers burundais.

Colère, mélancolie, pleurs. Voilà les mots pour décrire l’émotion dans la petite salle du parquet général de la République ce 7 décembre. Là, se tenait un procès instruit en procédure de flagrance sur le cas d’un officier de police qui venait de tuer sa femme et blesser sa fille de 8 mois. La cause, une simple dispute due à la «concubine» que ledit mari voulait engager comme employée dans un de ses cabarets. Au cours de ce procès, deux choses ont retenu mon attention.

«Je ne peux pas partir, je reste pour mes enfants»

Premier point. La défunte (Dieu ait son âme) aurait subi des agressions, des viols et toutes sortes violences depuis longtemps. «Elle m’avait dit que son mari avait menacé de la tuer plus d’une fois. Son mari, lui-même m’a avoué un jour qu’il la tuera», témoigne Aaron, le père de la défunte.

Mais la maman de six enfants avait décidé de rester dans ce foyer infernal pour ses enfants. «Je l’ai maintes fois suppliée pour qu’elle retourne chez moi. Il y avait toujours sa place, c’était mon enfant. Mais elle a toujours refusé arguant qu’elle a des enfants qu’elle doit éduquer. Elle m’a dit qu’elle devait tout supporter pour ses enfants», témoigne le papa de la disparue, visage affligé.

Par amour pour ses enfants, Louise est donc restée.

Honneur ou déshonneur?

Deuxième point. En écoutant le papa de la défunte, ce mariage qui vient de finir d’une façon tragique n’a jamais eu de racines solides. Le couple s’est formé par consentement familial parce que la jeune femme était enceinte. «Il l’a mise enceinte , on a conclu un accord comme quoi il va payer la dot. Mais il n’a  jamais payé la dot, n’a même entretenu aucune démarche d’un gendre digne de son nom», déroule le père de la victime.

Dans mon coin, la phrase «il l’a mise enceinte et on a conclu un accord…» me déchire. Donc Louise est une autre victime de ces mariages arrangés pour sauver l’«honneur» de la famille?

Hommage

Dans une période aussi délicate pour la famille de Louise, par respect pour la défunte, je ne vais pointer du doigt personne. Je comprends ce que c’est qu’éduquer six petits chérubins qui viennent de perdre leur maman (et leur papa) d’une façon aussi tragique. Mais je tiens à lancer un cri d’alarme : pour le bien de votre progéniture, ravalez votre fierté et votre honneur. Ne les mariez pas par arrangement! Essayons d’éviter, comme pour Aaron, des phrases comme «iyo nkamenya»…

J’en profite pour rendre un hommage spécial à cette brave dame qui s’est sacrifiée pour ses enfants. À toutes ces mamans qui se sacrifient jour et nuit pour le fruit de leurs entrailles. C’est vous les vraies héroïnes qu’on devrait célébrer.

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Les commentaires récents (2)

  1. Le cas de Louise est l’exemple parfait des violences subient par miliers de femmes dans leur foyer, des foyers qui naissent sans amour pour sauver l’honneur de la famille, et la femme qui se retrouve au milieu d’un cercle infernal de violences. Trop triste😭

  2. Dieu ait son âme , je suis très touché et deçu par ce genre de comportement , de la part des famille qui forcent leur fille à se marrier pour garder leur honneur,et de la part des femmes qui vivent l’enfer en ne denoçant pas ces comportement sylivestres et aussi de la part de ces maris qui pensent leur femmes sont des outils de travail ou que leur femmes sont des ânes dont il faut frapper comme l’on veut….

    Seigneur aide tout ces jeunes couples(mariés récements) à bien s’entendre…

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