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Le Burundi est le grand perdant de son bras de fer avec l’ONU

La journée internationale des droits de l’Homme va être célébrée alors que  le bureau onusien des droits de l’Homme a été récemment fermé. Pour le blogueur Jean-Marie Ntahimpera, cette attitude est à contre-courant des efforts du gouvernement burundais lui-même.

« Le gouvernement burundais se radicalise de plus en plus et continue sa défiance vis-à-vis de la communauté internationale », a réagi un diplomate cité par l’AFP à la décision du Burundi de fermer le bureau onusien des droits de l’Homme de Bujumbura. En effet, cette décision ne va pas plaire à l’ONU et à la communauté internationale.

J’écrivais récemment que le boycott du Burundi du dialogue d’Arusha et de la conférence des chefs d’État risquait de «lasser» la région. Maintenant, c’est toute la communauté internationale qui va être furieuse. Fermer ce bureau donne l’impression que le gouvernement burundais a des choses à cacher.

Le plaidoyer contre les sanctions compromis

Or le Burundi est sous sanctions de l’Union européenne, et plaide pour la levée de ces sanctions. Mais pour que ce plaidoyer marche, il faut que le Burundi soit soutenu par d’autres acteurs. Et ses soutiens ne manquent pas sur cette question. Le 29 novembre, le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a soutenu la position de Conférence de l’UA « de lever les sanctions imposées par l’Union européenne au Burundi, afin de créer une opportunité de redressement socio-économique dans le pays« . Même Michel Kafando, l’envoyé spécial du secrétaire des Nations unies au Burundi, a plaidé dans son rapport du 9 août 2018 pour la levée de ces sanctions. « Les restrictions financières ne sont pas toujours la meilleure solution », a-t-il dit.

En réalité, malgré les critiques envers le pouvoir burundais, les organisations internationales comme l’ONU et l’Union africaine ont la volonté d’aider le Burundi. Mais ils ont besoin que notre pays leur facilite la tâche. Or le Burundi, en fermant le bureau onusien des droits de l’Homme au Burundi, sabote lui-même ses rapports avec l’organisation mondiale. En prenant ce genre de décisions, le message que le Burundi envoie à ceux qui veulent plaider sa cause est : «Nous n’avons pas besoin de votre aide».

 Le Burundi risque de subir des représailles

Certains répondront que le Burundi est un pays souverain, et qu’il n’a pas besoin de l’Union européenne et même de l’ONU. Mais ceux qui pensent comme ça se voilent la face. Le Burundi est un pays pauvre, et le réalisme veut qu’il reconnaisse qu’il a besoin d’aide. Et ceux qui veulent nous aider exigent une chose : que les droits de l’Homme soient respectés. Le Bureau onusien des droits de l’Homme est là pour veiller à cela.

Le Burundi ne veut pas que la communauté internationale insiste sur le respect des droits de la personne humaine, mais il appelle cette communauté à le soutenir dans ses efforts de développement socio-économique. Or, le développement suppose aussi attirer les investisseurs étrangers. Mais  ces derniers, qui viennent souvent des pays développés, amènent leurs capitaux dans les pays qui ont de bonnes relations avec leurs propres pays. Si le Burundi complique ses relations avec l’ONU, il complique aussi sa relation avec les pays développés qui financent cette institution, et ceux-ci décourageront leurs entreprises d’investir chez nous. Et c’est notre pays qui sortira perdant dans cette bataille.

 

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Les commentaires récents (1)

  1. Vous avez raison mais on se demande si la situation reste ainsi qui va prendre la décision d’éradiquer tous ces problematiques?La solution viendra ailleurs ou bien dans l’interieur du pays?je me demande

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