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« Le jour où je verrai ma femme franchir le seuil des associations féminines, ce sera le début de la fin »

Selon les rapports de l’ONU femmes, une femme sur trois dans le monde subit des violences basées sur le genre. Le Burundi, n’est pas une exception, femmes et filles subissent des viols et violences. Mais le combat semble être une lutte réservée aux associations féminines, bref à la gent féminine. Vont-ils aboutir à l’éradication de ces violences sans la contribution des hommes ? Posons-nous la question pendant ces 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et filles.

Omar est un jeune de 33 ans. Il est marié et père de deux fillettes. Le jeune homme considère les associations de  défense des droits de la femme comme des pépinières à rébellion qui doivent être plutôt découragées . « Le jour où je verrai ma femme franchir le seuil de ces associations, ce sera le point de départ d’une mésentente dans notre foyer qui pourrait dégénérer en divorce… »

Ce jeune homme affirme que ces associations ne font que révolter les femmes qui, après avoir adhéré à de nouvelles idéologies adoptent un comportement étrange et agressif. « C’est comme si elles devenaient nos adversaires. À chaque fois, qu’il y a un petit désaccord, elles te sortent leurs droits bafoués et menacent de le signaler. Ainsi naissent harcèlement, violences, patati patata comme si les femmes étaient des saintes et nous autres agresseurs, sauvages et je ne sais quoi encore ».  

J’ai rencontré Omar dans un des quartiers populaires de la capitale. Tout au long de notre conversation, j’ai senti qu’à part des clichés et préjugés que ce jeune homme s’est fait sur ces associations, il ne connaît pas réellement leurs missions et objectifs.

Pourtant, Omar est conscient que ses filles ont le droit à l’éducation au même titre que les garçons. Il reconnaît même que la femme burundaise doit travailler pour le développement de sa communauté  tout comme l’homme.

Besoin du concours des hommes

Si le rôle des associations féminines n’est pas à négliger dans le combat contre les violences à l’égard de la femme, la collaboration homme-femme reste à encourager pour parvenir à l’éradication de ce fléau.

Pendant des décennies, les femmes ont plaidé pour l’égalité des droits mais sans le soutien des hommes, l’égalité ne sera jamais atteinte. Comme le souligne Emma Watson dans sa campagne de sensibilisation des hommes  Heforshe : «On ne peut pas résoudre les problèmes de toute la société avec seulement la moitié de la société».

Omar n’est pas le seul à penser de la sorte. Pour bon nombre d’hommes burundais, la lutte contre les VBG est une affaire de femmes. Souvent, ils ne compatissent pas avec ces dernières mais plutôt considèrent les femmes comme leurs « concurrents ».

Les hommes burundais devraient prendre conscience de leur contribution pour éradiquer les violences faites aux femmes. Ceux qui croient que la femme devrait être traitée avec respect et dignité doivent partager leurs opinions avec les autres. Ils doivent comprendre que les associations féminines ne sont pas là pour révolter les femmes. Quant à ces associations, elles doivent aussi inclure les hommes et leur faire comprendre leur apport dans l’édification d’un Burundi meilleur, sans violences basées sur n’importe quel genre.

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