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Au Burundi, on ne limoge pas, on permute

Les nouveaux commissaires de la Commission vérité et réconciliation viennent d’être élus. Parmi eux, certains venaient d’être révoqués de leurs anciens postes de direction et les voilà encore après quelques jours sur la scène politique sous d’autres casquettes. Une tendance qui n’est pas exceptionnelle ces jours-ci dans les nominations et ferme les horizons au renouvellement.

Il suffit de jeter un regard circulaire autour des décrets et nominations. «Révoquer pour être hissé ailleurs», telle semble être devenue la devise dans la sphère des instances dirigeantes. Du président de la commission électorale nationale indépendante (CENI) au président de la Commission vérité et réconciliation (CVR), du président du Conseil national de la communication (CNC) au CVR, du ministère de la communication au président du CNC, de l’indétrônable secrétaire du gouvernement au CENI et du porte-parole de la CENI au secrétariat du gouvernement,… les exemples sont légion. Ce sont les mêmes noms hautement inamovibles, seulement change l’intitulé des postes.

Du sang neuf et des idées neuves

Paradoxalement, comment l’administration publique est-elle en mesure de vivre la mue tout en gardant les mêmes «dinosaures»? Le Burundi a un avenir. Dire cela, alors que le principe de passation des fonctions et des postes n’est probablement pas guidé par l’indice de compétence et le critère du mérite, est étonnant. Car, pour les Burundais, l’optimisme ne va plus de soi. «Comment les mêmes autorités qui ont échoué par exemple sur la vision 2025 peuvent être permutées pour convoyer le plan national de développement (2018-2027)? Comment révoquer un président d’une commission électorale qui a organisé des élections contestées pour le hisser sur un piédestal d’une commission de vérité et réconciliation?», s’interroge Maître Emmanuel Nkengurutse, avocat et ancien sénateur, sur VOA.

La nécessité d’apporter du sang neuf et des idées neuves devrait être une priorité. Notre chère patrie a surtout besoin de renforcer ses fondamentaux en introduisant de nouvelles manières de les faire vivre et surtout de nouvelles personnes pour les incarner. Rien ne garantit que les nouveaux seront meilleurs que les anciens, mais simplement parce que l’alternance est un moyen de pousser nos dirigeants au travail sérieux, à la bonne gouvernance et aux meilleurs résultats, car elle sanctionne tous ceux qui n’obéissent pas à cette règle.

Si le Burundi d’aujourd’hui veut vraiment avancer, ça ne se fera pas sans vin nouveau dans des outres neuves.

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