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Privatisation de la Sosumo : non, on ne court pas à la catastrophe

À la suite de l’adoption par l’Assemblée nationale ce lundi 19 d’un projet de loi sur le changement du mode de gestion et de la structure du capital social de la Sosumo, plus d’un pensent que la flambée des prix s’en suivra. Ont-ils raison de s’inquiéter?

C’est très tôt pour conclure que la privatisation de la Sosumo impliquera la hausse des prix sur le marché. Même si les actions de l’État passeront de 99% à 46%, donc une diminution de plus de 50%, l’État gardera le contrôle de cette société. Tous les économistes interrogés s’accordent à affirmer que la privatisation devrait plutôt conduire à la diminution du prix.

Jean Prosper Niyoboke, enseignant à l’Université du lac Tanganyika, énumère des facteurs qui stimuleront la baisse du prix :  maximisation de la production, extension des terrains, investissement dans l’innovation, etc. Pour cet universitaire, de la privatisation de la Sosumo, il devrait en résulter une bonne gestion.    

Un autre économiste enseignant à l’Université du Burundi évoque la possibilité de création de nouveaux emplois : «Certains peuvent penser que les privés pourraient faire remplacer le travail humain par des machines. De toutes les façons, cela est impossible à court et à moyen terme». La Sosumo aura donc besoin de manœuvres pour les travaux manuels.  

La population inquiète   

D’un autre côté, cette mesure a inquiété les citoyens. Diomède, 28 ans, boutiquier dans la zone de Nyakabiga en commune Mukaza de la mairie de Bujumbura, pense que la privatisation de la Sosumo, société de  production du sucre, entraînera la hausse du prix de ce produit au marché : «Le privé est motivé par la recherche des intérêts, l’accumulation des richesses alors que l’Etat pensait au bien-être de sa population.» Diomède appelle les autorités à faire en sorte que les Burundais ne soient pas trop affectés par cette privatisation.   

Quant à Claudine Nahimana garde de la privatisation le «mauvais» souvenir de la Cotebu, société de fabrication des tissus. Cette dernière a été cédée en 2007 à la société Afri-textile des Iles-Maurices. «La réédition d’une privatisation malheureuse est possible.  La hausse du prix, la mise au chômage, etc., pourraient s’en suivre», s’inquiète-t-elle. Cette veuve dont le mari a été un employé de la Cotebu recommande à l’État de faire preuve de prudence sans quoi le sucre sera un produit très rare sur le marché.

Pour moi, L’État devrait être plus l’arbitre et moins l’acteur dans son rôle de régulation économique. Autrement, il est difficile qu’il s’en acquitte convenablement portant, en plus de sa casquette de régulateur, celle de gestionnaire. La hausse ou non dépendra des termes du contrat entre le gouvernement et les nouveaux acquéreurs d’actions.

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Les commentaires récents (1)

  1. Pour moi la privation de la SOSUMO est une bonne chose, mais il faut que l’Etat aie un œil vigilant surtout pour ce qui est lié à une bonne gestion et ainsi éviter une malversation de cette entreprise

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