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Et si on donnait le pouvoir aux femmes ?

On dit souvent que derrière chaque grand homme se trouve une grande femme. Malheureusement, les grands hommes se font rares de nos jours et les femmes exceptionnelles se retrouvent souvent reléguées au second plan. Pourtant, par le passé, les femmes n’ont pas démérité…

Avant tout, j’aimerais vous raconter une histoire tirée du livre  «Le Burundi: face à la croix et à la bannière» du Muganwa Charles Baranyanka. Elle remonte à l’époque coloniale quand les Allemands tentaient d’envahir le Burundi. Mwezi Gisabo, monarque à l’époque, résiste à l’envahisseur pendant presque 8 ans. Après plusieurs batailles acharnées et moultes négociations, le monarque meurt après un voyage à Bujumbura, où il vient de négocier un traité de paix avec les Allemands. Son successeur Mutaga Mbikije n’est alors qu’un jeune garçon de 15 ans à l’époque.

Si le Burundi a eu une femme qui a marqué le plus son histoire, c’est bien la reine mère Ririkumutima, régente du jeune Mutaga Mbikije. Après la mort de son mari en 1908, la veuve prend le pouvoir et mène à son tour le combat de son défunt époux, ingénieuse et stratégique, impitoyable des fois. Les Allemands dans leurs écrits la décrivent comme une grande politicienne rompue à tous les arcanes et intrigues.

La Reine mère mène à cette période un train de vie martial. Elle se lève toujours très tôt le matin pour superviser personnellement l’entraînement de ses soldats et gardes d’élite. Toujours raconté par le prince Baranyanka, si par malheur quelqu’un  n’est pas à la hauteur de la tâche lui confiée, il est immédiatement radié par la reine en personne. Ririkumutima dirige d’une main de fer : elle reçoit les informations venant de tout le pays, noue et dénoue des alliances suivant les enjeux de la situation et le soir tombé, elle planifie la journée et les mois qui suivent puis tient une dernière réunion avant de se retirer dans ses appartements très tardivement. Selon la légende, elle ne  dormait que 2h seulement.

Inspiration

Maintenant, vous allez vous demander le pourquoi de cette leçon d’histoire. Je vais m’expliquer en trois points. D’abord, vous mes sœurs devriez vous rappeler constamment que nous sommes descendantes d’une lignée de femmes qui ont su prendre le pays en charge quand les hommes étaient absents. Nous sommes les piliers sur lesquels ont reposés nos foyers quand nos maris partaient combattre pour des idéaux ou des rêves de grandeur. Vous devriez garder en tête que nous ne sommes ni le sexe faible ni aucun des attributs péjoratifs que l’on vous colle.

Deuxièmement, l’histoire nous prouve que la femme dans notre société pouvait participer à la vie politique de son pays, n’en déplaise aux machos. Il suffit de regarder la place réservée à la reine dans l’organigramme du pouvoir durant la période monarchique.

Dotées d’un grand amour, tout en restant téméraires, les femmes peuvent si elles le décident devenir l’avenir de notre nation. Mais pour cela il faudra qu’elles s’éduquent, se documentent sur leur passé et arrêtent de croire toutes ses idées préconçues selon lesquelles elles ne sont bonnes que pour la cuisine et l’allaitement.

Pour finir, ce saut dans le passé me mène à cette réflexion. Les hommes viennent de présider à la destinée de notre pays depuis son indépendance et qu’avons-nous enregistré en retour? Des pleurs, du sang et ce n’est pas aujourd’hui le bout du tunnel.

L’histoire du pays aurait-elle été différente si les femmes y avaient pris une part active? Personne ne le saura. Mais ce dont nous pouvons être sûrs et j’en ai l’intime conviction, l’avenir de la nation dans les mains d’une femme ne ressemblera pas à ce que nous avons déjà vécu. Puisque les hommes semblent avoir échoué à réconcilier les Burundais, qu’ils nous laissent alors la place à nous les femmes.

Vive la femme!

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Les commentaires récents (3)

  1. Vous semblez avoir une grande admiration pour Ririkumutima. Mais rappelez vous qu elle a fait tué la mère de Mbikije ainsi que ses 2 femmes.Selon moi, Inamujandi serait le bon exemple. Elle essayait de soulever les Burundais contre les Belges, pas de chance pour elle, elle fut brûlée vive au début des années 40.

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