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Élections 2020 : l’opposition burundaise peut-elle présenter un candidat unique ?

Le 11 novembre 2018, sous l’égide de la Fondation Kofi Annan,  sept poids lourds de l’opposition congolaise avaient désigné Martin Fayulu comme candidat unique au terme de discussions menées à Genève. Une décision qui n’aura pas fait long feu, mais dont le mérite est d’interroger les voisins burundais.

Nous étions beaucoup à parler de moment historique, surtout que c’était une première dans ce «pays-continent». Certains avaient apprécié une certaine maturité politique et démocratique de l’opposition congolaise.

Mais, comme pour renouer avec les vieux démons, il aura fallu au moins 24 heures pour que cet accord de Genève vole en éclat . Car, poussé par son parti, Félix Tshisekedi, patron de l’UDPS, s’est retiré de l’accord. Il sera suivi dans cette lancée par Vital Kamerhe, patron de l’UNC pour les mêmes raisons que le premier. Un revirement à 360o.

Le candidat unique, un scénario possible au Burundi ?

Au Burundi, le rendez-vous électoral de 2020 arrive à grande vitesse. Avec en toile de fond, un climat politique des plus incertains. Car, il faut bien le souligner, telle que la situation se présente aujourd’hui, le parti de l’aigle est plus que favori face à ses concurrents en ordre dispersé.

Le CNARED qui se veut être la principale plate-forme de l’opposition ne tient qu’à un fil, minée par des dissensions internes. La récente défection du FRODEBU en est l’une des parfaites illustrations. Mise à part cette coalition qui s’étiole, du côté de l’opposition interne, ce n’est pas aussi la grande forme. La coalition Amizero y’Abarundi vit aussi ses mauvais jours. À l’heure actuelle, difficile de savoir si Rwasa et Ngayimpenda, patrons de cette coalition, jouent le même jeu. Surtout que le leader historique des FNL est en quête d’une nouvelle formation politique sans ses compagnons de route de 2015.

Face à cette situation, le pragmatisme voudrait que le pessimisme domine quant à l’idée d’une candidature unique de l’opposition en 2020. En tout cas, ce n’est pas la feuille de route concoctée à Ngurdoto par l’ensemble de l’opposition interne et externe qui nous ferait miser sur une prise de conscience de ces formations.

Mais, en politique, tout est possible. Entre novembre 2018 et août 2020, il  y a plus de cinq cents jours. Beaucoup de choses peuvent se passer dans cet intervalle. Un sursaut de l’opposition est possible. Il suffit que nos politiques mettent de côté leur ego qui coûte énormément aux Burundais. Il est vrai, le revirement de dernière minute en RDC a tout gâché, mais l’intention en soi  est suffisante pour inspirer les politiques de l’autre côté de la Rusizi.

 

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