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Méfiez-vous, le pharmacien n’est pas un médecin éprouvé

Les pharmacies et autres structures sanitaires paramédicales sont légion au Burundi. Souvent, les malades confondent le personnel de ces institutions  aux médecins et certains pharmaciens veulent se comporter comme tel même sans aucune formation. Les conséquences sont nombreuses. Que faudrait-il faire pour  y remédier ?

«Elle a sombré dans le coma très probablement à la suite des médicaments qu’elle a pris après les avoir achetés dans une pharmacie» : voilà le constat d’un médecin qui s’occupait d’une jeune femme qui avait perdu connaissance et s’était retrouvée paralysée d’un côté après avoir pris des comprimés dans une pharmacie. Et le médecin de s’interroger : «Mais quel pharmacien a pu donner et recommander une telle quantité de médicaments?» (La patiente avait pris douze comprimés de corticoïdes par jour pendant quatre jours, selon les recommandations du pharmacien, dit-elle). Ce médecin se demande si ce n’était pas un «faux» pharmacien se faisant passer pour un vrai, «car de telles situations existent », fait-il remarquer.

Ce médecin est conforté dans ses propos par un cadre du ministère de la santé qui dit qu’«il arrive des fois qu’une structure sanitaire demande des autorisations de travail en possession de tout le personnel et autres besoins exigés  par le nouveau Manuel des procédures d’ouverture et d’accréditation des formations sanitaires, pharmacies, magasins d’optiques, écoles paramédicales, laboratoires d’analyses biomédicales et autres institutions apparentées à la santé mais que quelque temps après, ces structures travaillent avec un personnel qui n’est pas aussi qualifié que celui exigé et présenté lors de l’agrément».

Une surveillance insuffisante

Le nouveau manuel stipule qu’il doit y avoir des inspections de chaque structure sanitaire, certaines avant l’agrément, inspections de pré-accréditation, et d’autres dites «normatives» devant être faites régulièrement pour s’assurer du bon fonctionnement de ces diverses structures. Il y a par ailleurs une Inspection générale de la santé qui est chargée de tout cela. Cependant, ce n’est pas ce qui est fait en pratique. À part l’inspection de pré-accréditation qui est bien faite «car les frais y relatifs sont sous la charge de celui qui veut être inspecté», eh bien, les inspections normatives ne se font pas comme elles devraient, du fait de peu de moyens alloués à cet effet. «Nous n’avons ni les moyens ni le personnel  suffisants pour pouvoir inspecter toutes les structures sanitaires implantées dans le pays», revèle un cadre du ministère de la santé. Malheureusement, il y a ceux qui profitent de cette situation pour travailler dans l’irrégularité avec toutes les conséquences possibles mais, tient-il à souligner, «des inspections sont faites de temps en temps, surtout en partenariat avec les directions et bureaux provinciaux de santé, et quand des fautifs sont attrapés, ils sont punis sévèrement, punitions pouvant aller de la mise en garde à la fermeture pure et simple de la structure».

Il s’avère donc plus que nécessaire de doter de l’Inspection de la santé des moyens suffisants, pour pouvoir effectuer des contrôles réguliers tant les conséquences de ce manque d’inspection suffisante sont nombreuses et parfois graves (allant jusq’au décès des patients). Cela avec un renforcement du pouvoir décisionnel de l’inspection, puisqu’il arrive des cas où une structure n’est pas directement sanctionnée alors qu’elle est dans l’irrégularité en raison des manœuvres administratives dilatoires .

L’autre point serait la conscientisation de tout un chacun à faire ce qui est de son ressort pour éviter des dérapages. Comme le fait savoir le cadre au ministère de la Santé, «normalement un pharmacien donne des médicaments prescrits par un médecin et non l’inverse». Et pourquoi pas dans cette optique, des citoyens conscients de leur santé qui aident l’Inspection en dénonçant par exemple des manquements constatés ici et là ?

 


A relire : Exode des médecins burundais : quelles sont les raisons de cette hémorragie ?

 

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Les commentaires récents (1)

  1. Vous n en savez rien de la pharmacie hein si vous voulais critiquez informer -vous d abord que ce que la pharmacie et kel son les gens qui travail ds les pharmacie au bdi sont ils reelment des pharmaciens ou bien vous confonder tous les vendeurs des medicaments a des pharmaciens?????

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