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Le tatouage fait fureur à Buja

S’il est très rare de croiser à Bujumbura des visages tatoués ou autres dessins corporels décoratifs envahissants, les tatouages plus discrets sont légion. Un engouement qui n’est pas sans risque.

C’est dimanche après-midi. Assis au fond du bus qui me ramène  à la maison, une conversation entre deux femmes, visiblement la cinquantaine, m’interpelle.

« Mon fils m’a supplié de lui donner 2000 Fbu. Comme il a insisté, je lui ai donné 5000 Fbu. Et le jour suivant, il avait un tatouage sur son bras droit », lâche une des deux femmes, d’un air scandalisé. Pour les deux amies,  cet acte ne serait rien d’autre qu’une aberration.

Malgré l’incompréhension de nombreux parents, cet art de marquer le corps par l’encre indélébile est en vogue à Buja.

Pour Clara, 22 ans, étudiante en troisième bac, se faire tatouer est une façon de se démarquer. Elle confie avoir fait son premier tatouage en 2016 pour se différencier de sa sœur : « Elle aime porter de bijoux, à mes yeux, trop excessifs ». La jeune femme trouve qu’au lieu de copier les autres, il est plus judicieux de s’exprimer par ses  tatouages. « De la sorte, je me crée une identité ».

Clara a aujourd’hui quatre tatouages : « Une colombe signe de paix, puis des étoiles qui, pour elle, symbolisent la lumière voire même l’espoir, ensuite une chaîne pour décrire la liberté de soi et enfin des mots d’amour. »

Des regrets? « Je n’ai jamais regretté ce choix. Je suis fière de mes tatouages car c’est l’image que je reflète selon mes proches. » Quant aux clichés, elle dit qu’elle n’a pas rencontré d’opposition, « sauf ma mère qui était plutôt réticente au début ».

Réfléchir à deux fois avant de se lancer

Claude, âgé de 35 ans et père de famille, regrette son tatouage au bras droit. «Je l’ai fait quand j’avais 25 ans. Ce sont les initiales d’une fille dont j’étais amoureux. » À l’époque, il en était content et fier. Mais depuis leur séparation, un sentiment de honte le ronge. Des fois, avoue-t-il, j’évite d’enlever mes vêtements quand je joue au football ou quand je vais à la piscine.

Le plus dur pour lui, c’est quand il  se souvient qu’un nom d’une autre personne est inscrit à jamais sur son corps alors qu’il est marié avec une autre femme. « J’ai fait tout pour l’enlever mais en vain.»

Face à cette pratique, les médecins alertent sur ses effets néfastes. Belyse Kaneza, dermatologue à KIRA HOSPITAL, explique que le tatouage est un pigment injecté dans la peau par des aiguilles. « Certaines personnes peuvent être allergiques à l’encre utilisée ». Dans ce cas, précise-t-elle, les tatoués s’exposent aux infections bactériennes brisant la barrière cutanée qui les protège des agressions extérieures.

Selon ce médecin, ces tatouages se transforment souvent en grosses cicatrices « les chéloïdes » difficiles à traiter. Dr Kaneza soutient que si une personne regrette son tatouage, qu’elle recourt à la brûlure par un fer à repasser ou le frottement par vinaigre pour l’enlever, les plaies sont difficiles à soigner. Les personnes tatouées, prévient – elle, s’exposent de cette façon au cancer de la peau.

 


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Les commentaires récents (2)

  1. Je trouve que ces tatouages n’en valent pas la peine,d’autant plus que on ne fait que s’exposer à des maladies graves,rester naturel est mieux que de vouloir avoir l’air cool,vouloir ressember à ces stars occidentaux moyennant un risque de cancer.

  2. Commentaire *si il a honte de son tatouage il pourrait aller se faire tatouer encore en dessinant d’autres choses sur les initiales de cette fille qu’il s’était fait tatouer de sorte que le tatouage reste joli et ça se peut…comme ça il n’aura plus honte de son tatouage

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