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« Arusha, cette arnaque appelée dialogue »

En réaction à un billet paru sur Yaga qui éclairait l’opinion sur les raisons de l’absence du pouvoir de Bujumbura à la dernière session de dialogue à Arusha, Lionel Nubwacu donne son point de vue sur la question en tenant à préciser qu’il ne réagit pas comme conseiller à la Présidence du Burundi.

 

*les réactions de nos lecteurs n’engagent pas Yaga

L’opposition radicale burundaise s’est réunie à Arusha en Tanzanie dans ce qu’ils ont appelé dialogue, pour nous sortir un document qu’ils ont dénommé feuille de route pour les élections de 2020. Donc, en plus de la feuille de route de Kayanza et celle d’Entebbe, nous avons une troisième que nous allons dénommer « Arusha » car c’est là où elle a été concoctée.

Revenons un peu sur le rocambolesque cheminement qui a conduit au fiasco Arusha. En avril 2015, lorsque les troubles qui se transformeront en insurrection éclatent, plus d’un a en mémoire les événements malheureux par lesquels nous sommes passés avant d’aboutir à la signature des accords d’Arusha en août 2002, suivi du cessez-le-feu entre le gouvernement de transition de l’époque et le CNDD-FDD à l’époque mouvement rebelle en date du 16 novembre 2003. C’est ce cessez-le-feu qui fera entrer de manière effective le Burundi dans l’ère de la paix.

Durant dix ans cette paix, cette quiétude, sera une réalité dans le pays de Mwezi Gisabo et Ntare Rushatsi Cambarantampa jusqu’à l’année 2015 au cours de laquelle, sous l’impulsion de la fameuse vague des révolutions de couleurs, des membres de la société civile proches de l’opposition radicale avec le concours de certains militaires vont tenter de renverser les institutions élues en 2010 en usant  de prétextes farfelus.

Je ne vais pas revenir sur les détails autour de ces événements, ils continuent de faire l’actualité via les rapports erronés de certaines organisations internationales des droits de l’homme. Car et là est l’objet de mon propos, non seulement les commanditaires des révolutions de couleurs n’ont pas digéré leur échec au Burundi mais aussi, ils vont faire évoluer leur stratégie pour contourner la résistance du peuple burundais. Les canaux diplomatiques vont être agressivement activés : exfiltration de ceux qui avaient été défaits par résistance populaire, sanctions en cascades, rapports mensongers, etc.

En plus de ces actions de sabotage sur le plan international, les pays occidentaux réunis au sein de l’Union européenne avaient réussi à imposer au gouvernement démocratiquement élu, dans la confusion de l’insurrection d’avril 2015, ce qu’ils ont appelé  ‘‘dialogue’’. Un dialogue avec ceux qui avaient échoué à renverser les institutions démocratiques le 13/05/2015. Aussi absurde que cela puisse paraître, les initiateurs de cette arnaque la voyaient possible car par le passé elle avait réussi. En effet en 1993, le FRODEBU était contraint et forcé de négocier avec ceux qui avaient décapité ses dirigeants. C’est cette optique anachronique qui conduisit l’Union Européenne à débloquer des fonds dans la précipitation pour un dialogue dont la plupart des observateurs avisés voyaient qu’il réunissait tous les ingrédients pour un échec retentissant.

Arusha ou une arnaque anachronique

Le malheur des organisateurs du dialogue d’Arusha fut de ne pas comprendre consciemment ou inconsciemment les enjeux réels de cette commedia ! La sincérité ou la naïveté du facilitateur qui parfois avait du mal à concilier les exigences des partis en présence montre à suffisance combien les initiateurs de ce ‘‘dialogue’’ n’avaient pas pour objectif principal le retour de la paix et le renforcement de la démocratie. Si dans le souci de faire preuve de bonne foi le Gouvernement du Burundi avait accepté de répondre à cette invitation, il s’est vite retrouvé dans la situation du FRODEBU de Melchior Ndadaye en 1993. Mais si en 1993 la position de faiblesse dans laquelle les compagnons de Ndadaye s’étaient retrouvés les avait conduits à brader les acquis de leur victoire, allant jusqu’à remettre la destinée du pays entre les mains de ceux qui avaient assassiné la démocratie, il n’en était pas de même pour le CNDD-FDD qui au contraire venait de rétablir la paix et la sécurité dans le pays.

La fameuse révolution n’avait été qu’une révolution de pacotille, sans aucun soutien populaire, une arnaque que des politiciens de moindre envergure avaient voulu vendre au peuple burundais et à la communauté internationale. Et c’est ceux-là que l’Union Européenne voulait imposer comme interlocuteurs du gouvernement burundais. Les revendications irréalistes contenues dans ce qu’ils ont appelé feuille de route sont la preuve que leur objectif n’est pas de dialoguer sincèrement mais de  continuer à surenchérir pour recréer une situation de chaos dans le pays. Ils n’en ont ni les moyens matériels, ni humains encore moins politiques. La plupart de ces messieurs n’ont jamais dépassé un score de 15% depuis le retour de la démocratie en 2005. Ils en sont à des subterfuges malsains qui leur font croire qu’ils peuvent continuer à exister politiquement.

Les politiques burundais de tous bords doivent comprendre que le cycle rejet des élections – créations de troubles dans le pays – négociations ou dialogue – retour aux affaires est bel et bien fini. Nous sommes dans une phase de renforcement démocratique, de retour de la croissance ; la population a besoin de voir et profiter des dividendes de la paix.

Les Occidentaux devraient comprendre que la période où on prenait les Burundais pour de grands enfants est révolue, ce n’est pas après 56 ans d’indépendance qu’ils doivent encore nous choisir qui élire pour nous diriger. Ceux qui étaient à Arusha ont eu leur chance, presque tous ont occupé des postes de responsabilité dans le pays. Ils n’ont aucune expertise nouvelle à nous apporter. Les promesses qu’ils font à leurs bailleurs ne sont qu’une arnaque de plus car ils sont incapables de les honorer. Le peuple a les yeux ouverts et ne se laissera pas avoir une fois de plus.

À bon entendeur je vous salue !

 


A relire : Les raisons de l’absence de Bujumbura à Arusha

 

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