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Pourquoi le chômage n’est pas aussi mal que vous le croyez

S’il y a une certitude, c’est que l’être humain finit toujours par s’adapter à n’importe quelle situation, aussi hostile soit – elle et finit par évoluer. Jusque là, on est d’accord, n’est-ce pas?

Prenons le chômage comme étant une maladie, un fléau ou une guerre si vous voulez. Le chômage, telle une tumeur, s’est généralisée sur l’ensemble de notre société, sous le regard impuissant (voire indifférent) de ceux qui étaient censés le combattre. Aujourd’hui, ce mal touche plus de 60% de la jeunesse burundaise. Après le fameux « Eskee, mubibona gute », les mots les plus prononcés à Buja sont actuellement « Je cherche du boulot, crise, urangurira rimwe ? »

Comme ils n’ont pas été préparés à cela, bercés par les histoires de leurs parents qui avaient dans leur temps l’embarras du choix question boulot après leurs études universitaires, nos chers jeunes se créent des routines inutiles pour distraire leur cerveau et soyons francs, certains s’y complaisent.

Divertissement à gogo

Que faire alors quand on n’a rien à faire? Nos jeunes chômeurs se mettent aux séries tendance du moment, Games of thrones, Casa de papel…, s’informent sur leurs stars préférées, partagent, likent, commentent. Ils sont connectés sur la toile 24h/24, les réseaux sociaux leur permettent de rester en contact avec leurs semblables, ils se sentent moins seuls même derrière leurs petits écrans de smartphones.  

C’est ainsi que jours après jours, certains n’arrivent plus à sortir de ce cercle vicieux : quand on n’a pas beaucoup d’attentes, il y a peu de risques d’être déçu. D’ailleurs, ne vit-on pas dans un pays où vivre chez papa et maman même à 35 ans,  ça ne choque personne?

Mais comme chaque pièce a deux faces, le désœuvrement combiné à Internet ont du bon côté aussi quand on a la détermination et la volonté d’apprendre quelque chose…

Une opportunité donc

Voilà, le chômage nous offre un trésor inestimable que tout fonctionnaire essaie tout le temps de gagner… du temps!

Les chômeurs ont un temps libre illimité qui leur permettrait de se redéfinir et trouver leurs buts sur cette terre par un modèle d’enseignement alternatif qu’on nomme l’autoéducation.

Il n’y a encore qu’au Burundi où les gens croient que pour devenir stable et s’épanouir dans la société, il faut travailler pour quelqu’un. Par contre, cela est le premier facteur qui tue l’esprit entrepreneurial.

Combien de jeunes dans ce pays  se sont découverts des talents grâce au temps libre illimité du chômage mais ne sont jamais parvenus à percer car au premier boulot, au premier visa qu’ils obtiennent, ils se pressent de mettre leurs vraies aptitudes  au fond du placard.

Je ne vous demande pas de quitter vos boulots ou de refuser des visas mais gardez toujours a à l’esprit cette question: « Qu’est-ce que je peux tirer de mon cerveau et mes deux mains? Veux-je accomplir les rêves de quelqu’un ou les miens? »

Moi par exemple…

Il y a deux ans je travaillais au Kenya dans le secteur de l’immobilier, je payais mon loyer, je sortais chaque week-end comme n’importe quel jeune qui en a les moyens et du jour au lendemain, je me retrouve au Burundi de l’après 2015… le reste vous connaissez tout en détail : pas de boulot, pas d’opportunités, chômage .

Mais avec mon temps libre illimité, je me suis découvert d’autres passions, comme l’écriture, la vidéo et pleins d’autres bonnes choses que je n’aurais jamais cru pouvoir faire. Je sais que je vis dans un pays où entrepreneuriat n’est pas soutenu, mais rien n’arrête une personne avec la bonne attitude mentale et une dose de persévérance.

Voilà pourquoi je suis persuadé encore une fois que le chômage est la meilleure chose qui me soit arrivée ces deux dernières années!

 


A relire : Comment réduire le chômage des jeunes en six points

 

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