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Vos toilettes, Messieurs les Directeurs… Franchement!

La plupart des bureaux des services publics n’ont pas de toilettes bien entretenues. Celles qui sont encore fonctionnelles sont verrouillées, les visiteurs, gênés, sont obligés de faire une gymnastique impossible et passent à tous les coups un sale quart d’heure.

Les directions générales et départements, les campus, les hôpitaux, etc. sont par nature destinés à accueillir beaucoup de personnes. Par conséquent, leurs lieux d’aisance aussi. Toutefois, s’il vous prenait l’envie d’y aller, réfléchissez à deux fois avant. Des  portes marquées à la croix indiquent que les toilettes sont hors d’usage. D’autres suintent dans tous les sens et pour y parvenir, on doit sautiller pour ne pas mettre ses pieds là où il ne faut pas. À l’intérieur des cabines, les murs sont maculés de substances innommables, l’odeur est insupportable. Pour y faire ses besoins, il faut faire preuve de beaucoup, beaucoup de courage: impossible de chasser l’eau car les vannes sont fermées, le papier hygiénique, lui, on n’en parle pas. On sort sans être sûr d’avoir fini sa mission. Quel lieu de (mal)aisance mon Dieu!

Dans un autre cas, on tente d’abord dans la précipitation d’aller dans une cabine marquée WC (Water Closed), on se heurte à une porte fermée. Mais quand même, c’est plus ou moins fonctionnel car la porte n’a pas encore reçu sa croix. On a peur de s’adresser à un employé, le plus souvent un planton ou à cette secrétaire, qui vous regarde de haut. Ton visage commence à se crisper suite à la pression d’en bas. Finalement, on se lance désespérément. « Puis-je avoir accès à la cabine? » ou « Puis-je avoir la clé de la toilette? ». La réponse ne tombe pas facilement. On est scruté de la tête aux pieds, comme si on demandait la clé du paradis…Mais, en fait l’inspection est nécessaire car il n’y a qu’une clé pour tout le personnel. S’il y a deux toilettes, la seconde est réservée aux cadres de l’institution.

Les toilettes publiques, ces grandes oubliées

On voit ici et là des immeubles qui abritent les services de l’État repeints  entièrement, autant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Souvent, je me demande si les contrats de rénovation n’incluent pas les réparations nécessaires pour rendre les toilettes  fonctionnelles.

Qui ignore les maladies dites des « mains sales »? Qui ne sait pas que de corrects lieux d’aisances sont un confort dont personne ne peut se passer? Est-ce par « pudeur » que l’on évite de trop en parler pour exiger les réfections? Aujourd’hui, il est incompréhensible que certains bureaux d’institutions étatiques ne soient pas dotés de commodités convenables.

Et ce qui est encore plus aberrant, ce que les bons exemples ne manquent pas au Burundi. Les propriétaires privés des immeubles ne lésinent pas sur les moyens pour avoir des toilettes convenables. D’ailleurs, il ne peut en être autrement. Si certains le font pour l’image de leurs institutions, notamment les hôtels, d’autres sont contraints par les services techniques de l’État. Mais les bureaux occupés par l’État sont-ils exemptés du contrôle?

 


A relire : Quatre points pour expliquer la crise de salubrité dans les hôpitaux Prince Régent Charles et Roi Khaled

 

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