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Shika Awards : qui sont les 12 candidats de l’édition 2018 ?

Yaga vous fait découvrir les grands concourants de la compétition annuelle d’idées innovantes organisée par le Burundi Business Incubator (BBIN). En attendant de connaître les trois projets qui rafleront la mise, voici pour commencer les jeunes qui se sont illustrés par leur esprit innovant et leur sens des affaires (première partie).

Laura Alida Iradukunda, l’entrepreneure visionnaire

Elle n’a que 20 ans et pourtant sa tête est une fourmilière d’idées. Laura Alida, jeune étudiante de l’Université Lumière du Burundi en faculté de Gestion Administration, entend poser son emprunte dans le monde du business par un projet qu’elle espère, sera récompensé par la compétition SHIKA Award Édition 2018.

Son projet, un dépôt -vente. Ce dernier avait déjà attiré l’attention lors du Light Award où il avait remporté le deuxième prix. Il s’agit d’un dépôt –vente, qu’elle a nommé « La bonne affaire », un magasin où l’on peut déposer les affaires dont on ne se sert plus, pour qu’elles soient revendues à un prix convenu avec le dépositaire. Bref, une sorte de recyclage.

Si les découragements ne manquent pas dans son entourage, Laura sait compter sur le soutien indéfectible de sa maman qui est aussi son guide, sa conseillère et sa partenaire.

Son rêve est de pouvoir créer le plus grand réseau de dépôt-vente, qui se ferait surtout en ligne via une application et assurerait aussi la livraison à domicile des produits. Amazon n’a plus qu’à bien se tenir.


Ally Mwassa, le génie de l’informatique

À 24 ans, Ally maîtrise les rouages complexes de l’informatique et veut en faire profiter aux autres.

Ce jeune étudiant de l’Université des Grands Lacs est désolé du manque de connaissances de ses camarades en la matière. Les cours d’initiation aux TIC dispensés dans les universités sont lacunaires, car il n’y a pas assez d’ordinateurs pour tous les étudiants.

Il se donne le change, devient formateur et donne des leçons d’informatique à des jeunes étudiants à travers des clubs où ils développent des applications Web.

A l’ère des hautes technologies, il est impossible de vivre sans internet. Le projet d’Ally porte ainsi sur un cyber multi services. Il propose des formations en informatique et comme son nom l’indique, une foule d’autres services tels la vente sur Internet, la création d’applications pouvant améliorer la vie des habitants du pays…

Imaginez un monde où tout se ferait en ligne: achats, ventes, payerment des factures,… grâce à des applications locales. Tel est le rêve d’Ally.


Fleury Gafura, un éleveur pas « classique »

Le  jeune homme de 28 ans a le feu du business dans les veines. Étudiant à l’Institut Supérieur de Développement, Fleury en connaît déjà un bout grâce à son élevage de vaches laitières à Gihanga.

Tout naturellement, l’idée lui vient aussi d’élever des canards pour les revendre dans des boucheries de la ville de Bujumbura. Il espère remporter la compétition SHIKA Award édition 2018 pour réaliser son nouvel objectif : l’élevage de production et vente de viande de canard.

Fleury ne cache pas son ambition de devenir le producteur de référence de cette viande dans le pays et pourquoi pas, d’étendre sa notoriété au-delà des frontières. Il met au défi quiconque le souhaitant de consommer ce met peu ordinaire. Le seul risque à craindre selon le jeune agro-éléveur est de ne plus pouvoir s’en passer.

Son projet va plus loin encore. Il espère ouvrir un restaurant et une boucherie spécialisés en viande de canard. Sans tarir d’éloges pour les bienfaits de cette viande (riche en acides gras monoinsaturés), il espère aussi créer de l’emploi auprès des jeunes désœuvrés.


Leila Kafeteri, écolo et entrepreneure

C’est l’histoire d’une jeune fille qui était bien partie pour décrocher un poste de travail en Allemagne. Détentrice d’un diplôme en génie mécanique, option énergies renouvelables de l’université allemande de Karlsruhe, Leila Kateferi a préféré ramener son savoir-faire pour servir sa terre mère .

Sa façon de le faire est tout à fait originale. Alors que nous sommes habitués à voir les résidus du décorticage du riz brûler à petit feu et devenir au finish de la cendre inutile, Leila a su comment les rendre plus utiles: En faire des combustibles propres qui concurrenceraient le charbon de bois, nos fameux « makara ».

«Il faut absolument que les Burundais changions de mentalité sur ce charbon de bois. C’est très nocif pour la santé et pire pour en avoir on doit couper une bonne quantité d’arbres », soutient-elle. Pour apporter une solution à ce mal que Kateferi Leila refuse de percevoir comme une fatalité, les résidus du riz sont une bonne ressource. Et en plus la riziculture, ça la connaît, venant elle-même d’une famille qui la pratique.

KTF CONCEPT, sa start-up écolo compte également vulgariser un brasero spécial fonctionnant avec ces combustibles propres pour venir à la rescousse d’une nature que l’action humaine dégrade de plus en plus.


Arakaza Arnaud ou l’homme qui croit dans le bois cru made in Burundi

Son séjour en Chine avait pourtant été une success story. Après six années d’études universitaires dans l’empire du milieu, le jeune homme a été reçu à la prestigieuse compagnie de fret maritime chinoise Long Sail International Logistics. Il y restera deux années, sillonnant le monde pour assurer la livraison des produits de l’entreprise. Mais le mal du pays ne tarda pas à hanter son esprit.

En plein voyage de noces au pays de Confucius, Arnaud ne fit pas que se la couler douce avec sa dulcinée. Il prit aussi la ferme décision de retourner au bercail. Son objectif : faire profiter à sa patrie son expérience. « J’ai à maintes reprises livré des meubles en provenance de Chine à des prix exorbitants, frais de voyage obligent. C’est de là qu’est née l’idée de mettre sur pied une boîte qui fabriquerait la même chose avec des produits locaux », confie celui qui a la ferme conviction que le Burundi regorge de ressources en bois, de rare qualité à ne plus envier les meubles étrangers.

Carburant à cette conviction, son entreprise Burundian Youth Project confectionne des meubles totalement made in Burundi et assure livraison et counseling pour le design d’intérieur.


Kevin Mizero, le recycleur responsable

Le sens des affaires ne lui est pas tout à fait étranger. Déjà au Lycée Rubanga en province de Bururi, le petit Kevin exerce un petit commerce de fripes dans son internat. Petit à petit, cet originaire de Matana augmente son maigre chiffre d’affaires. Etudiant à l’Université Lumière de Bujumbura, il ne dort pas sur ses lauriers. « Il n’est pas venu contempler les lampes de la capitale », diraient certains. Comme pour avoir des yeux de lynx dans le monde du business, il suit comptabilité et finance comme filière à l’université.

C’est à ce moment qu’une idée fait tilt dans sa tête. À la vue du manque criant de sacs biodégradables et la prépondérance inquiétante des sacs en plastique, l’écologiste en lui fait appel à l’entrepreneur et naît ainsi United for innovation, sa jeune pousse. Aussitôt lancés, sieur Mizero et sa compagnie collectionnent des cartons usés, les recyclent aux désidératas de leurs clients et y apportent même leur savoir-faire : « Nous insérons un papier d’aluminium à l’intérieur pour faciliter la tâche à qui voudrait y mettre des liquides », révèle le jeune patron qui a  l’emballage plastique dans son collimateur.

Aujourd’hui, entreprises, bureaux et autres particuliers commencent à affluer vers son atelier sis à Kanyosha pour solliciter ses services, de quoi laisser le jeune homme espérer des lendemains qui chantent.

 


Lire aussi : Shika Awards : qui sont les 12 candidats de l’édition 2018 ? (suite)

 

 

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