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Fortune mal acquise : l’arbre qui cache la forêt

Depuis plusieurs années, les fortunes au Burundi se font dans l’opacité la plus totale. À quelles conséquences nous exposons-nous et quelles solutions pouvons-nous proposer ?

En plus de dissimuler les ressentis, les joies et les peines comme l’attitude ancestrale d’ « Ikinyabufura » nous l’a appris,  certains Burundais ont ajouté à cette liste, leur argent. Je me rappelle bien de cette fois où les journalistes ont demandé à un ancien chef de l’État de s’exprimer au sujet de la dilapidation du denier public qui prévaut au Burundi. Lorsque la question de savoir d’où lui est venue l’idée d’ériger une bâtisse juste en face des bureaux de la présidence de la République, l’ancien chef d’État a répondu qu’il ne voit rien d’anormal lorsqu’un président fait construire un « petit kiosque » pour des raisons typiquement personnelles. Le « petit kiosque »  en soi du président a cinq niveaux et abrite  maintenant les bureaux d’une compagnie de télécommunication, un cabinet d’avocats-conseils, une agence d’une banque, etc.

Actuellement, certains dignitaires nantis n’ont plus aucun mal à exhiber leur fortune : construction de villas dans les hauteurs de la capitale, achat de voitures de collection et avoir un bar rempli de bouteilles de collection chez soi.

Vu d’un seul côté, cela ressemble au développement économique, tandis que de l’autre côté le PIB du Burundi stagne à 377$ par an et par habitant. À quoi est due cette incohérence des faits ? D’où vient cette richesse brusque ? Je donne ma langue au chat.

L’Observatoire de la lutte contre la corruption et les malversations économiques (Olucome) était perçu comme une lanterne qui allait mettre la lumière sur certaines zones d’ombre qui nuisent au trésor public. Nous attendons toujours cette lumière.

La convoitise, mère de tous les péchés

Au Burundi, il y a un fossé entre les richissimes burundais et ceux qu’on pourrait appeler « les damnés des collines ». Les conséquences de ce grand écart ne tardent pas à se faire sentir : les mécontents, les pauvres et les oubliés se lèchent les babines à chaque fois qu’ils aperçoivent leurs congénères rouler sur de l’or. Du coup, l’idée de s’enrichir par tous les moyens germe petit à petit. La corruption devient le mot d’ordre, les magouilles deviennent la règle de base.

Maintenant, quelle solution faut-il apporter ? Pour moi, il serait sage et judicieux pour les décideurs du pays de créer un climat sain et propice à chaque individu doté d’un quelconque potentiel d’avoir accès aux ressources nécessaires : ici je citerai l’accès à l’éducation, aux soins de santé, à la terre, aux marchés, bref une atmosphère de compétition où chaque personne est appelée à se surpasser pour atteindre un niveau de vie décent en toute intégrité et toute honnêteté. Comme ça, le lait et le miel couleront peut-être encore au pays des mille et une collines.

 


A relire : Pourquoi les Burundais n’ont en tête que « construire une maison » quand ils ont l’argent ?

 

 

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