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Les médecins spécialistes, une perle rare dans les hôpitaux publics

Le Burundi souffre du manque de médecins, c’est un fait. Et même ceux qui exercent sur le territoire national ne sont accessibles qu’à une petite frange de la population. Une situation à redresser.

La semaine passée, Christa Dusabumukama, jeune étudiante d’une vingtaine d’années a dû sécher ses cours pour accompagner son oncle, sexagénaire, qui venait de Jenda pour une consultation chez un médecin ophtalmologue. Pensionnaire de la Force de Défense Nationale, son oncle veut qu’elle l’accompagne à l’hôpital militaire de Kamenge où il peut bénéficier plus facilement de soins. À 9h précise, ils y sont.

Ils s’assoient pour attendre l’arrivée du médecin, en ignorant qu’ils doivent d’abord se faire enregistrer pour avoir le numéro. Une trentaine de minutes plus tard, une maman visiblement malade, assise sur le banc d’à côté leur demande leur numéro pour savoir qui d’entre eux va être reçu en premier. C’est ainsi qu’ils réalisent que chercher le numéro est une des étapes à suivre. Ils se rendent alors à la réception pour en chercher un et la réponse qu’ils ont n’est pas du tout plaisante. « Nous sommes désolés, le nombre de patients à être examinés par le médecin est atteint aujourd’hui, revenez donc demain matin », répond la réceptionniste. La jeune étudiante propose alors d’aller faire la consultation dans le cabinet privé dudit médecin.

Pour voir un médecin, il n’y a pas 36 solutions

Ce n’est plus un secret pour personne, consulter un médecin spécialiste dans un hôpital public n’est pas facile, d’autant plus que ces médecins sont moins nombreux. Les horaires de consultations par ces médecins sont affichées sur les portes de leurs cabinets, mais c’est toujours moins évident de les retrouver là à ces moments bien précis.

Radjabu, footballeur burundais, en a fait les frais. Devant se faire examiner par un chirurgien pour son problème d’hernie inguinale, il se rend vite à l’Hôpital militaire de Kamenge, réputé pour avoir de bons chirurgiens. « J’y suis allé parce que le médecin généraliste qui m’avait examiné au centre de santé m’avait informé que seule une intervention chirurgicale pouvait me guérir. J’ai demandé à un infirmier de cet hôpital, ami de mon grand frère, s’il peut m’arranger un rendez-vous avec le chirurgien afin de fixer la date de mon opération », raconte le joueur avant d’ajouter : « Et l’infirmier m’a suggéré d’aller consulter les chirurgiens dans leurs cabinets privés si je veux réellement être examiné et opéré dans les meilleurs délais. »

Cabinets privés, un business dont les spécialistes ne peuvent se passer

L’indisponibilité des médecins spécialistes dans les hôpitaux publics ne peut s’expliquer seulement par le fait qu’ils sont moins nombreux. Beaucoup d’entre eux font de leurs cabinets privés une priorité car ils y gagnent beaucoup plus d’argent. Des gynécologues, des chirurgiens, des ophtalmologues qui ne consultent que quelques heures dans les hôpitaux publics (pour ne pas dire jamais) peuvent prendre des journées entières dans leurs cabinets privés.

Pour moi, le gouvernement devrait mettre plus de rigueur sur leur présence au niveau des hôpitaux publics où ils sont affectés. D’ailleurs, la plupart d’entre eux ont bénéficié d’une bourse de l’État pour faire le 3ème cycle. Ne faudrait-il pas alors qu’ils se sentent redevables et mettent en avant l’intérêt public au détriment de leurs intérêts personnels? Par ailleurs, c’est la substance même du serment d’Hippocrate.

 


A relire : Exode des médecins burundais : quelles sont les raisons de cette hémorragie ?

 

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Les commentaires récents (2)

  1. Eviter de globaliser la situation . Il y a des medecins specialistes qui prestent correctement dans certains hopitaux public de 7:30 -12:00 en consultation externe , puis de 14:00 -17:00 garde sur place apres midi , puis le meme medecins specialist continuer la garde astreinte de 17:00 -7:30 pour sauver la vie des malades. Il serait sage de receuillir des information fiable aupres de l employeur ou du concerne pour savoir le motif de son absence.

  2. Eviter de globaliser la situation et de publier les photos des malades en ligne sans leur consentement. . Il y a des medecins specialistes qui prestent correctement dans certains hopitaux public de 7:30 -12:00 en consultation externe , puis de 14:00 -17:00 garde sur place apres midi , puis le meme medecins specialist continuer la garde astreinte de 17:00 -7:30 pour sauver la vie des malades. Il serait sage de receuillir des information fiable aupres de l employeur ou du concerne pour savoir le motif de son absence.