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Lumitel pratiquerait-il l’esclavage moderne ?

Ceux qui ont eu la chance ou la malchance de travailler dans le secteur privé savent sans doute mieux que moi les conditions invivables de leur emploi. Pas de congé, pas d’augmentation salariale, pas de weekend, des heures qui souvent dépassent les quarante heures réglementaires, plus des injures, des harcèlements, pas d’assurance maladie, ni de paiement de la sécurité sociale,… Les employés d’une grande entreprise de télécommunication se sont confiés à moi.

Dans un pays comme le nôtre où trouver un emploi, ou disons mieux trouver un emploi décent est devenu un miracle, certains employeurs en profitent pour se faire des économies ou tout simplement s’octroient le droit d’asservir leurs employés. Le cas le plus parlant est celui des employés de Lumitel, que je félicite en passant pour leur courage. Une grande partie de ces salariés est en grève depuis le 6 septembre 2018 pour réclamer de meilleures conditions de travail.

Explications d’un employé gréviste

Lumitel, qui n’est plus à présenter car bien installé sur tout le territoire national, a débuté ses activités en 2014 en recrutant essentiellement les jeunes diplômés des universités, des écoles secondaires et techniques burundaises. Ce qui est louable sachant combien il est difficile de décrocher un premier emploi pour un jeune sans expérience avérée. Puis pour des raisons calculées que par envie de donner la chance à la jeunesse burundaise, Lumitel a opté pour ces jeunes qui souvent ne demandent qu’une petite chance de prouver leur valeur ou ne fût-ce qu’une raison de se réveiller le matin, mettre un de ses plus beaux habits, prendre le bus et se fondre dans la masse des Burundais actifs.

Étant donné la situation dans laquelle vivent ces jeunes, il est facile pour un employeur de vouloir sous-payer cette manne de main-d’œuvre modelable et prête à tout pour sortir ou échapper au chômage. L’entreprise leur aurait fait signer des contrats avec un salaire nettement inférieur par rapport aux autres grosses entreprises du secteur. Les employés se sont empressés de parapher les contrats d’autant plus qu’ils avaient reçu des promesses d’augmentation salariale dès que l’entreprise aura commencé à vendre ou quand elle aura atteint un million d’abonnés,… Mis à part ça, normalement un employeur se doit de majorer de 5% le salaire de ses employés par an comme prime d’ancienneté ( je me demande d’ailleurs combien d’entreprises respectent cela.)

Pire encore, les employés de Lumitel n’ont pas droit aux fiches de paie et ne savent donc pas exactement combien ils sont payés, ou si l’INSS et IPR sont payés et quel est le mode de calcul. Les cotations mensuelles des travailleurs découleraient en quelque sorte du bon vouloir et de l’humeur du supérieur. Quant aux salaires, ils dépendraient des jours prestés au lieu d’un salaire fixe tel que stipulé dans le contrat. Autre chose, l’employeur obligerait les travailleurs à acquérir par exemple des motos à leurs frais pour pouvoir les utiliser dans l’exercice de leurs fonctions. Bref une suite d’irrégularités et d’injustices. Ce que je trouve plus révoltant, ce que l’entreprise refuse des attestations de travail aux employés le désirant, d’où la difficulté de pouvoir chercher un autre emploi ailleurs.

Appel au gouvernement

Le gouvernement à travers le ministère de la fonction publique, du travail et de l’emploi devrait veiller à ce que de tels cas ne se produisent pas car ce sont des Burundais qui en pâtissent. On espère que le Ministère en charge du dossier pourra faire appliquer la loi et que les sanctions ou décisions qui seront prises seront des cas d’école pour les futures entreprises ou employeurs qui ne voudront pas appliquer la loi en matière d’emploi.

Je ne peux que saluer l’implication des services de l’inspection du travail et de la sécurité sociale en vue de la médiation entre Lumitel et les employés grévistes. Une solution acceptable par les deux parties n’a pas encore été trouvée mais on espère que cela sera le cas dans les plus brefs délais.

 


A relire : Le chômage des jeunes fait-il le bonheur des employeurs au Burundi ?

 

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Les commentaires récents (2)

  1. Lumitel mérite une belle correction, comment est- ce que elle peut oser contourner la loi Burundaise tout en disant qu’il n’y a pas de loi au Burundi un pays démocratiquement élu. Le gouvernement devrair réagir. Aucun pays sur Terre où les étrangers maltraitent les citoyens sur leur propre territoire, ça ne se fait qu’au Burundi.

  2. Commentaire *I think that Viettel Burundi can’t accept that kind of solution. what we know, that pretended company has killed more than one of his workers, confined more than one. moreover, he has used the army to kill more than one and some of them,who escape from thoses cases, are refugees because of that crazy company but, we hope that Lumitel cant change any low of Burundi and,after change, after mr DG, Viettel Grobal is to pay those salaries and DI.