Les Burundaises face à la phobie du gynéco
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Les Burundaises face à la phobie du gynéco

Certaines Burundaises qui conçoivent pour la première fois ont des idées préconçues en rapport avec ce qui se fait dans le cabinet d’un gynécologue à l’occasion d’une consultation. Victimes d’une désinformation, plusieurs d’entre elles ne voient pas d’un bon œil ce spécialiste. Témoignage.

Annabelle, une jeune femme, mère de deux enfants raconte: « Quand je suis allée consulter un gynécologue pour la première fois lors de ma première grossesse, j’avais peur. J’avais entendu dire que les touchers vaginaux faisaient trop mal. Je me demandais si j’allais pouvoir les supporter ».

Et de poursuivre: « Quand je suis arrivée au cabinet du médecin et après qu’il m’ait posée certaines questions sur ma grossesse, j’ai été installée sur une table de consultation. La tension en moi à ce moment montait. Je pensais déjà que j’allais me faire infliger une souffrance atroce. Puis le gynécologue a allumé une machine et a sorti une sorte de tige en plastique reliée à cette même machine par un câble. Ensuite je l’ai vu sortir un préservatif de son étui. Oh mon Dieu ! Qu’est-ce qu’il veut me faire ? Me demandais-je. J’ai failli crier au secours. La vue de ce préservatif m’a donné mille pensées en une seconde. J’étais paniquée, je ne savais rien de ce qu’il allait faire. Je me disais que s’il entreprenait le moindre comportement suspect, je le mordrais ».

La jeune dame éclate de rire avant de continuer : « Ensuite, j’ai vu le gynécologue rentrer la tige en plastique jusque dans le fond du  préservatif. La tension a commencé à baisser un peu. Puis il a réalisé une échographie par la voie vaginale. Ce n’était pas l’enfer promis. Je n’ai pas osé poser des questions en rapport avec l’échographie, même si j’avais envie de savoir certaines choses. »

C’est bien plus tard que la jeune femme a demandé à des étudiants en médecine pourquoi une échographie se faisait par la voie vaginale. Ces derniers de lui expliquer que c’est quand la grossesse est trop jeune qu’on procède de cette manière. Ils l’informèrent aussi qu’à ses prochaines consultations l’échographie ne se referait plus de la même manière.

« Effectivement, lors de mes suivantes consultations, c’est une sonde qu’on a roulée sur mon ventre. J’étais plus détendue parce que je m’étais informée. J’aurais aimé savoir dès ma première consultation ce qui se passait. J’ai failli avoir une crise cardiaque parce que je n’étais pas informée », avoue-t-elle dans un sourire.

Les femmes ont besoin d’informations

Annabelle n’est pas la seule à ignorer ce qui se passe dans le cabinet d’un gynécologue. Elles sont nombreuses celles qui développent une phobie des touchers vaginaux à cause de fausses informations reçues sur cet examen. D’autres pensent que les médecins abuseraient de ces touchers vaginaux parce qu’ils y trouveraient un certain plaisir. Ce qui est archifaux! Ce n’est qu’un préjugé. Un toucher vaginal reste avant tout un examen clinique et n’a rien à voir avec ces fausses imaginations.

Des centres d’information gérés par des professionnels de la santé seraient très utiles surtout pour les femmes concevant pour la première fois. Ils viendraient contribuer à l’amélioration du confort mental de ces femmes au cours des consultations et aussi pendant l’accouchement. D’une part en les rassurant et d’autre part en leur livrant des informations justes et nécessaires sur la grossesse.  

Quant à l’État, il pourrait étudier et analyser s’il y a possibilité de créer ce genre d’institution, sans oublier les ONG qui devraient soutenir des projets allant dans ce sens.

 


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