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Partis politiques burundais : « Regarde ce que je dis, et non ce que je fais »

C’est l’une des caractéristiques d’un pays démocratique. Le pluralisme politique ou pour faire simple le multipartisme. Et s’il y a une chose dont le Burundi a de quoi être fier, c’est bel et bien cet aspect de la démocratie. En effet, ils sont actuellement 32 partis politiques. Un hic toutefois. Au regard de leur fonctionnement, leur organisation ou leur mode de gestion, peuvent-ils à leur tour être qualifiés de démocratiques ?

De l’inexistence de l’alternance à la tête du parti au manque de transparence dans la prise de décisions ou dans la gestion du parti, beaucoup sont les partis politiques burundais qui  ne respectent pas les principes élémentaires de la démocratie. Résultat, il n’est pas rare de constater que certains partis n’ont eu qu’un seul président depuis qu’ils existent. Les exemples sont légion. Ceci est d’autant plus inquiétant quand ce sont ces dernières formations « non démocratiques » qui aspirent aux plus hautes fonctions de l’État, à la conquête du pouvoir.

C’est aussi ce que relève un politologue burundais avec une certaine dose de relativisme tout de même : «Le problème au Burundi, c’est qu’on n’est même pas sûr d’avoir de véritables partis politiques à proprement parler. Car la majorité d’entre eux n’ont pas d’assise nationale. Ils ne disposent pas non plus de ressources financières à même d’assurer le fonctionnement de leur parti. Ce sont donc des partis qui n’existent que de nom et qui ne sont identifiables qu’à leur président fondateur. Par voie de conséquence, il ne faut pas s’attendre à ce que ces derniers se la jouent démocratique».

Se posent aussi la question des intérêts personnels qui animent certains politiques. Selon le même politologue, « un parti politique disposant de peu de ressources ne peut prendre le risque d’ouvrir le  jeu, au risque de perdre la direction du parti. La tendance est que son président veille à sa visibilité personnelle et met à sa disposition le peu de moyen dont dispose son parti. C’est sans oublier aussi le fait qu’en Afrique, la politique est un tremplin pour l’acquisition des gains économiques».

Faut-il perdre espoir ?

De l’avis du politologue, les partis politiques burundais évoluent dans un contexte qui ne favorise pas la démocratie. Difficile d’attendre de ces derniers qu’ils soient démocratiques à leur tour. Ils sont le reflet du système politique dans lequel ils évoluent. Inversement, il est inimaginable que des partis politiques non démocratiques puissent produire un système démocratique.

Que faire alors pour changer la donne? Le politologue insiste sur la démocratisation du système politique burundais d’un côté et de l’autre, le financement des partis politique tel que prévu par l’article 18 de la loi sur les politiques. Un financement qui pourrait propulser le principe de redevabilité et par là, la transparence dans la gestion des partis politiques.

Au cas contraire, il ne faut surtout pas se leurrer, la démocratie dans les partis politiques n’est pas pour demain. Ça vaut aussi pour certaines organisations de la société civile qui connaissent elles aussi un déficit démocratique comme le souligne à juste titre l’article du sociologue Désiré Manirakiza.

 


A relire : «Laissons la politique aux politiciens!»

 

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