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Divine Nduwimana, la star des portraits au stylo

Passionnée par le dessin depuis l’enfance, Divine Nduwimana se fait progressivement une place dans le monde de l’art plastique burundais. Elle sera aussi la première artiste féminine burundaise à faire une exposition de ses œuvres ce 29 septembre. Portrait.

Déjà en 6ème année primaire, Divine était attirée par le dessin et représenter les fleurs était une de ses activités favorites. Jusque-là rien de frappant pour la famille et l’entourage : c’est juste une jeune fille qui aime dessiner les fleurs et c’est tout.

À l’école secondaire, c’est là où elle commence à attirer l’attention ou plutôt découvre que dessiner pour elle est un véritable talent. « De la 7ème à la 9ème année, ce sont les seules classes du secondaire où on apprenait le dessin artistique. J’aimais tellement ce cours et j’avais une très bonne note par rapport à la moyenne. Et contre toute attente, j’ai été encouragée par mon professeur de dessin », se souvient Divine Nduwimana.

Fin du cycle inférieur, le dessin artistique n’est plus sur le programme. Il fait place au dessin scientifique. Divine affirme n’avoir jamais été tentée de faire une école d’art, afin de ne pas bousculer les conventions d’autant plus qu’au Burundi vivre de l’art reste improbable.

Une scientifique pure avec de l’art dans ses veines

« Ma famille était plutôt indifférente par rapport à mes aspirations artistiques. Je pouvais tout faire tant que je restais assidue à l’école », confie la jeune femme de 23 ans, cadette d’une famille de 3 enfants. Actuellement, elle est ingénieure agronome, mais de la section scientifique B du Lycée du Saint-Esprit à la faculté d’Agronomie de l’Université du Burundi, sa passion pour le dessin ne l’a jamais quittée.

« J’ai continué à faire des dessins pendant mon temps libre à l’école. Utiliser un stylo c’était une stratégie car un crayon ou un autre outil de dessin aurait attiré l’attention des professeurs lorsque je dessinais en classe. Et puis en 2014 quand j’ai commencé l’université, je n’étais pas très active sur les réseaux sociaux, ce sont mes amis qui m’ont poussée à partager mes croquis sur Instagram. C’est comme ça que le public m’a découvert », relate la jeune artiste-entrepreneure.

De plus, Divine rassure quant au lien qu’il y a entre son art et ses études d’agronomie. « Dans un pays comme le Burundi où il y a une part importante de la population qui est analphabète, les dessins peuvent servir pour éduquer la population à utiliser les techniques agricoles modernes par exemple », explique-t-elle.

Une vision tournée vers l’histoire de sa patrie

Divine rêve de créer un centre d’art où seraient exposés en permanence des dessins retraçant l’histoire du Burundi. Et à voir son courage, sa détermination et les réalisations de ces dernières années, son avenir est prometteur.

Elle a déjà participé à plusieurs événements et compétitions (Croque ton histoire, festival Jama à Kampala, Festival de la chanson féminine, …) et depuis peu ses dessins décorent les murs du label Bantu Bwoy de l’artiste Big Fizzo. Elle prévoit prochainement une exposition de ses dessins à Campero ce 29 septembre 2018, devenant ainsi la première femme burundaise à faire une manifestation artistique du genre.

 


A relire : Peut-on vivre de l’art au Burundi ?

 

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