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Le plan national de développement est-il réalisable ?

Le chef de l’État burundais a lancé mercredi 22 août en province de Gitega le « Plan national de développement » (2018-2027). Le budget de celui-ci est estimé à plus de 20.384,5 milliards de Fbu. Ce plan devra désormais guider toutes les initiatives de développement entreprises au Burundi.

Le « Plan national de développement » s’articule sur 11 piliers. La modernisation de l’agriculture ; l’accroissement de la production énergétique ; l’amélioration de la connaissance basée sur la technologie et le savoir-faire ; le développement du secteur des ressources naturelles ; la diversification et la promotion d’une économie compétitive et saine. En plus, les experts qui ont concocté ce document misent aussi sur la création d’un environnement favorable à l’industrialisation, au renforcement du capital humain et des infrastructures de transport, du commerce et des TIC ; à la promotion du tourisme ; au partenariat public-privé et à l’intégration régionale et la coopération internationale pour l’aboutissement du Plan.  

Le plan national de développement prévoit une croissance économique moyenne de 10,7% sur la période de projection. Un pari qui sera difficile  à gagner. Pour rappel, la croissance de l’économie burundaise a été de -1% en 2016 et de 0% en 2017 selon le FMI. Celui-ci prévoit qu’il soit de 0,1% cette année et de 0,4% en 2019.  Le PIB/habitant devrait atteindre 810$ en 2027 alors que ce plan indique qu’il était de 274$ en 2017. C’est-à-dire qu’il devra approximativement tripler.

Dans le même document, il est mentionné que la croissance moyenne du secteur primaire sera dans la période projetée de 8,3% contre 0,6% dans la période de (2008-2017). Les dépenses courantes durant cette période devraient continuer de diminuer. Elles seront de 11,5% contre 17,3% pour la période de 2008-2017.   

Les effets de la fibre optique pour bientôt

Le secteur secondaire devrait croître en moyenne à raison de 19,2% sur la période de 2018-2027. L’amélioration des capacités de production énergétique en sera à l’origine. Au niveau national, le plan de développement prévoit l’aménagement des centrales hydroélectriques de Ruzibazi de 17 MW, de Kagu 006 de 12 MW, Kabu 16 de 20 MW et de Jiji-Murembwe d’environ 50 MW. Dans la région, les travaux de construction des centrales hydroélectriques se poursuivront notamment ceux de Rusumo Falls 80 MW et de Ruzizi III 147 MW.  

Le secteur tertiaire devra enregistrer une croissance «moins importante » de 7,9% en moyenne par rapport aux deux autres (primaire et secondaire). Cette croissance sera due à l’amélioration notamment des services de «Transport et Télécommunication», du «Tourisme» et des «Banques et Assurances». Les experts comptent sur l’exploitation de la fibre optique pour parvenir à cet objectif.

La période 2018-2027 serait également marquée par la maîtrise de l’inflation. Le taux  moyen sur cette période se situerait en dessous de la norme communautaire de 8,0% dans les États de l’Afrique de l’Est. Cette évolution résulterait «d’une bonne production nationale, d’un meilleur approvisionnement des grands centres urbains, d’une politique monétaire prudentielle et la maîtrise des dépenses publiques», lit-on dans le Plan.

Les mêmes causes, les mêmes effets

Pour Faustin Ndikumana, président de Parcem, ONG locale pour le changement des mentalités, une évaluation de la Vision 2025 devrait précéder le lancement du plan national de développement (2018-2027).  Ladite vision avait des projections similaires qui n’ont été concrétisées. «Elle prévoyait un PIB de plus de 700 $ par habitant et un taux de croissance économique de plus de 10%». Pourtant, souligne-t-il, le PIB par habitant reste de moins de 300 $ par  an et le taux de croissance est presque nul.

Selon Faustin Ndikumana, il faut analyser les raisons profondes qui sont à l’origine de cet échec : «Ce sont les mêmes qui conduiront à l’échec de ce Plan». Il relève entre autres les problèmes de stabilité politique, la corruption dans l’administration et la faible capacité de l’État dans la mobilisation des fonds. Les financements extérieurs pour les programmes CSLP n’ont jamais dépassé 25% du budget total prévu.    

Contrairement à ce que pensent beaucoup de gens, le Plan national de développement (2018-2027) ne met pas un terme à la vision 2025, plutôt il en tient compte. Il «prend en compte des agendas multidimensionnels » : international (Objectifs du Développement Durable ODD «Ne laisse personne pour compte»), régional (Agenda Africain 2063 : «Afrique que nous voulons», sous-régional (Vision 2050 de la Communauté d’Afrique de l’Est) et national (Vision «Burundi 2025» : le Burundi de lait et de miel).   

La somme totale des budgets pour la période (2008-2017) est de 10.243, 7 milliards de Fbu, presque la moitié du budget total prévu pour le Plan national de développement (2018-2027).

 


A relire : Pas de développement, pas de paix. Simple!

 

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