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Les stations de pompage ne feront qu’alléger les souffrances du Lac

Il y a une dizaine de jours, trois stations de pompage des eaux usées issues des ménages des quartiers Rohero et Asiatique ont été réhabilitées. Mais la pollution du lac Tanganyika va-t-elle pour autant être totalement éradiquée ?

À l’endroit communément appelé Kumase, à une vingtaine de mètres du lac Tanganyika, une odeur nauséabonde accueillent les passants. Un canal achemine des déchets de tous genres (plastiques, déchets ménagers, et industriels) vers le lac Tanganyika. Les eaux y sont toutes noires.  Aux alentours de ce canal se trouvent de petits commerces: un stand de frites de patates douces, un restaurant et un bistrot de bières traditionnelles bondé. À quelques mètres de là, des enfants en vacances jouent au foot. Tout ce beau monde est habitué à la saleté et ne sent presque plus la fameuse odeur des lieux. Cela fait plus de deux ans que la station de pompage est endommagée et toutes les eaux usées des ménages transitent directement vers le lac Tanganyika par un tuyau qui servait de plan B en cas d’endommagement des pompes.

Un travail de titan confié à un nain

Ces pompes réhabilitées vont s’occuper des eaux des ménages surtout provenant des quartiers Rohero et Asiatique et peut-être d’autres quartiers possédant des égouts collectifs et raccordés. Mais ils sont à combien ? Les quartiers poussent comme des champignons à Bujumbura ces derniers temps. Peu, voire même aucun, ne possède un système de canalisation et d’évacuation des eaux usées pour les acheminer jusqu’aux stations de pompage.  Même pour les anciens bourgs qui en possèdent, certains sont bouchés suite à de multiples raisons. Dans les quartiers, certains couvercles des égouts ont été volés donnant libre accès à tous les déchets des eaux de pluie. Au centre-ville, les canalisations servent d’abri aux enfants de la rue. Toutes ces eaux usées, sans accès aux stations de pompage vont alors directement dans le lac Tanganyika, leur destination finale.

La grande pollution du lac provient des industries En effet, moins de dix industries sont raccordées aux stations de pompage et la plupart ne disposent même pas de système de pré traitement des déchets. Et du coup, ces derniers seont acheminés tels quels dans le lac.

La solution ne peut pas provenir des SETEMU seulement

Le Conseil National de Sécurité a récemment communiqué que les Services Techniques Municipaux n’avaient que trois mois pour remettre en marche la station d’épuration de Buterere. Les SETEMU doivent assurer les services d’évacuation, de gestion et de traitement des déchets et eaux usées de la ville de Bujumbura. Mais en sont-ils capables? Ont-ils les moyens ? Peuvent-ils redresser une situation dont les causes vont au-delà du simple traitement, mais trouvent leurs racines dans l’implantation des quartiers dans la ville de Bujumbura ?

Pour moi, cette problématique dépasse de loin les SETEMU. Le gouvernement devrait mettre en place une commission mixte des ministères, de la mairie, et une grande conscientisation de la population afin qu’un bon système de suivi des infrastructures soit mise en place. Mais d’ores et déjà, la réhabilitation des stations de pompage est une action louable. Espérons que d’autres avancées vont être réalisées.

 


A relire : Montée des eaux : et si le lac Tanganyika réclamait justice ?

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