Enterrement - Antime - Tambour
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Burundi : « Nous tenons plus à nos morts qu’aux vivants! »

Au Burundi, les gens cotiseront facilement pour ton enterrement que pour ton traitement ou ton épanouissement. Il est temps de se défaire de cette hypocrisie sociétale.

Il n’y a pas de cérémonie dans le pays du tambour qui rassemble autant de gens que les funérailles. L’annonce d’un décès est l’information qui court le plus vite. Dans les réunions organisant les obsèques, beaucoup de gens viennent. Le jour du dernier hommage, c’est le temps des retrouvailles des familles proches ou lointaines, des amis de tous côtés. Même les ennemis viennent pour se rassurer de l’extinction de l’être détesté. Tout au long de la période du deuil, les gens restent près de la famille du défunt même si ça n’empêche pas qu’après les cérémonies, cette dernière retombe de nouveau dans la solitude.

L’exemple qui m’est resté en travers de la  gorge est celui d’Antime Baransakaje, le vieux Burundais considéré comme le garant du tambour sacré et qui a consacré toute sa vie dans la promotion de la culture burundaise. Malgré son dévouement pour son pays, Il n’a pas pu se faire soigner à l’étranger faute de moyens. Le hic est que quand il s’est éteint, tous les Burundais, du sommet jusqu’au bas de l’échelle, ont versé une larme. Le jour de ses derniers adieux, les mêmes qui n’ont pas voulu contribuer, se sont déplacés en masse, les dirigeants du pays en chef de file, pour aller déposer une gerbe de fleurs sur la tombe du tambourinaire légendaire. Ne parlons pas de Canjo Amissi, Nikiza David, et autres qui sont morts dans l’anonymat alors qu’ils avaient fait connaître le pays de Ntare au-delà des mers.

Il faut changer

Il est vrai, tout n’est pas noir. Le petit Jonathan a eu la vie sauve grâce à la solidarité des gens. La jeune mannequin Yousla aussi. N’oublions pas la figure dramaturgique et créatrice de l’émission radiophonique Umubanyi niwe muryango, Marie-Louise Sibazuri, qui a recouvré la vue grâce à la mobilisation de ses compatriotes.

Peu de gens ont compris qu’il est bien plus sensé d’aider quelqu’un quand il respire encore que lorsque tout est fini. Au lieu de donner cette enveloppe de 10 000 francs pour l’enterrement de cet ami (ou cette parenté) qui te tient à cœur, va vers lui et donnes-la-lui sur son lit d’hôpital. Disons qu’ainsi tu lui donneras l’occasion d’être redevable envers toi dans le futur. Un message que vous seriez peut-être plus enclins à comprendre.

 


A relire : Décès d’Antime Baranshakaje ou l’aveu de l’hypocrisie burundaise

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