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Indemnisation des expulsés de Gasenyi I : des promesses en l’air ?

Au mois de mars 2017, le ministère de l’Urbanisme et de l’aménagement du territoire a décidé que toutes les infrastructures et cultures se trouvant dans un périmètre de 40 hectares de la présidence à Gasenyi I devaient être dégagées, et quelques jours après, les propriétaires de maisons, impuissants, assistaient à la démolition de leurs propriétés. Des indemnisations ont alors été promises, mais jusqu’à présent, la parole n’a pas été tenue.

Tout autour de l’espace où est érigée la nouvelle présidence, un vaste terrain bien terrassé. Camions et tracteurs déplacent terre, sable et cailloux jour et nuit. On aurait du mal à s’imaginer qu’à une certaine période, il y fût des maisons. Et pourtant, plus de 23 maisons ont été démolies sous ordre du ministère.

«Tu vois cette belle maison là en orange, de l’autre côté de la rue ? Elle aussi sera démolie. Ce n’est qu’une question de temps. Cette partie va bientôt être envahie par les tracteurs», me dit un ouvrier trouvé sur place en train de casser des cailloux pour en faire du gravier.

Au départ, des indemnisations ont été promises de commun accord avec toutes les parties prenantes, une certaine somme avait déjà été octroyée, et puis plus rien. «Nous devrions avoir des indemnités, pas égales aux pertes subies, mais tout de même un peu significatives. Plus d’une année après, on est toujours en attente, et de mon côté, je commence à désespérer. On nous avait promis des parcelles à Maramvya , mais lorsque nous nous y sommes rendus en compagnie des agents du ministère de l’Environnement, les autorités de la commune Mutimbuzi et le gouverneur de Bujumbura Rural nous ont envoyés nous faire voir», témoigne, furieux, Calixte, qui a assisté à la démolition de sa maison le 11 avril 2017.

Léviathan

L’adage rundi qui dit «Gira ahuba wubahwe» (soit digne de respect sous ton toit), montre la valeur d’avoir son chez soi. Ces familles qui réclament justice se soulageaient du fardeau de louer des maisons dans les quartiers de Bujumbura, mais leur joie n’a été que de courte durée. Maintenant, elles sont obligées de retourner dans une vie qu’elles croyaient reléguée au passé.

On nous a toujours dit que l’État est le protecteur du peuple. Aurons-nous le courage d’aller le répéter à ces enfants qui ont vu leurs parents se faire spolier par celui qui devait les protéger ? Il est vrai l’intérêt de la Nation passe avant tout, mais dans un État de droit, une promesse faite par les décideurs devrait être tenue coûte que coûte, si on veut que le peuple continue à faire confiance à ses dirigeants.

 


A relire : La reconstruction du marché central de Bujumbura : des promesses en l’air ?

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