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Nounous et patronnes : « Je t’aime. Moi non plus »

Beaucoup de femmes à Bujumbura utilisent des nounous à domicile pour garder leurs enfants quand elles vont au travail. Et les rapports entre l’employée et la boss ne sont pas toujours idylliques, dans un contexte de suspicion permanente. Trois employeuses se sont confiées.

Elles sont plusieurs à Bujumbura à s’attacher les services de nounous, communément appelées au Burundi « bonnes ». Mais ces femmes à la vie professionnelle exigeante ne le font pas de gaieté de cœur. C’est leur dernier recours, et beaucoup partent avec un pincement au cœur, croisent les doigts en priant que leurs enfants soient bien gardés.

Amandine, jeune maman, a dû laisser ses deux enfants deux mois après l’accouchement pour reprendre le travail. Pour elle, la personne qui garde sa progéniture est à prendre comme de la porcelaine. « Quand je ne suis pas à la maison, je ne sais pas ce qui s’y passe et  j’essaie de faire confiance à la bonne, car c’est elle qui prend soin de mes enfants. Et quand je rentre, j’essaie de ne pas la frustrer, pour qu’elle ne se venge pas sur eux en mon absence. Si je ramène un petit truc à la maison, comme un jus ou des beignets, je lui donne autant que j’en donne à mes enfants », confie-t-elle.

Mais tout n’est pas toujours aussi rose. «Des fois elle me rend furieuse, mais au lieu de la gronder, je m’en vais pleurer dans la chambre plutôt que de déverser ma colère sur elle. J’ai peur qu’elle fasse subir quelques atrocités à mes bébés. Même quand on regarde la télé, si c’est elle qui a la télécommande, je ne la lui demande pas de peur de la frustrer. Je fais tout pour qu’elle se sente à l’aise, afin de bien garder mes enfants. La vidéo horrible de la nounou qui piétine un enfant n’a jamais pu me quitter », avoue la jeune maman.

Dent pour dent

Jeannette, une autre maman de trois enfants, ne le voit pas du même œil. « Moi, si elle commence à m’énerver, je la gronde, et la menace de la renvoyer. En cas de récidive, elle plie ses bagages. Il faut qu’elle sache qui est la patronne. Et hors de question qu’elle touche à mes enfants s’ils ont commis une faute. C’est à moi de les punir, ce sont mes enfants», assure-t-elle.

Quant à Isabelle, mère d’une fillette de six ans, elle pratique une sorte de chantage pour garder le contrôle : « Quand je rentre, je demande à ma fille comment elle a passé sa journée et elle me fait un compte rendu. Et si j’apprends que ma bonne a fait une gaffe, par exemple aller se promener sans m’en avoir avisé et en laissant ma fille seule, je lui retire 2000 fbu sur son salaire. Depuis que j’ai commencé à appliquer ça, elle n’ose plus faire tout ce qui lui passe par la tête».  

Même si ce n’est pas toujours évident de garder soi-même son môme tout le temps et abandonner les nounous,  pour moi, celles qui ont les moyens devraient les emmener dans une crèche très tôt, dès leurs premiers mots. Si engager une personne dont on ignore le profil psychologique est en soi un choix risqué, passer par du chantage pour se faire respecter n’est pas non plus la meilleure solution. Un enfant a besoin de grandir entouré de paix et d’amour, et non de chicaneries et d’insultes qui volent à longueur de journée.

 


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