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Ces jeunes burundais qui vivent au-dessus de leurs moyens

Le goût du luxe dans un des pays les plus pauvres au monde reste une hérésie pour beaucoup de gens. Cela est d’autant plus vrai quand cette consommation hors de prix concerne des jeunes diplômés qui ont eu la chance de décrocher un boulot dans un contexte de chômage quasi omniprésent.

Ils sont jeunes, ils ont fait l’université privée ou reviennent de l’étranger. Papa et maman ont fait la part des choses, ils attendent juste que le petit rejeton les rende fiers par une réussite professionnelle et fonde un foyer et tout ce qui va avec. Enfin… vous connaissez la chanson. Certains de ces jeunes ont grandi dans des quartiers plutôt calmes et ont eu droit à une vraie sortie peut-être le jour de leur diplôme des humanités générales. Arrivés à l’Université, ils ont conquis peu à peu leur liberté et se battent à tout prix pour montrer à leurs parents qu’ils sont grands et capables de se prendre en charge eux-mêmes. Fini le babysitting et place à la fête sans relâche.

Les parents dans leur délicatesse et peur de voir leur enfant en mauvaise posture, l’accompagnent dans cette conquête de la liberté. Ils lui donnent de l’argent de poche pour partager un verre de temps à autre avec ses amis. S’ils ont une voiture, ils la lui prêtent, histoire de cultiver en lui un certain sens de la responsabilité. Rien n’est moins sûr.

Une jeunesse pourrie

Martin (pseudo), dès la fin de l’Université et du stage professionnel, le boulot est apparu comme par magie. Evidemment, c’est facile quand papa et maman ont des connexions. Six mois plus tard, il s’offre une voiture. Cette dernière passe en réalité la plupart du temps garée devant l’immeuble de son lieu de travail, ne servant en grande partie qu’à quitter et retourner à la maison et surtout à participer à un maximum de fêtes au courant de la semaine mais également pendant les week-ends.

Le parcours est passionnant, il fréquente les bars les plus branchés de la capitale, s’offre les boissons les plus chères et fait des tournées tous azimuts. Martin et ses amis rivalisent de créativité en matière d’événements festifs. En gros, tous les ingrédients sont réunis pour une consommation maximale. Pas de panique, la majorité de ces jeunes mangent encore le pain de papa et Maman. Donc, ils ne mourront pas de faim.

Case départ

Mais le travail de Martin n’est pas éternel. Ses nombreuses frasques entraînent des retards au travail, des absences. Une mise à pied, puis un jour, il est tout simplement licencié. Quelques mois plus tard, la voiture est vendue. La copine qu’il avait mise enceinte et dont la famille réclame un mariage dans les plus brefs délais ne cesse de le relancer. Malheureusement, son compte à découvert ne lui permet même pas de louer la voiture des mariés.

Tout compte fait, cette jeunesse sur laquelle devrait reposer l’avenir de toute une nation ne semble se soucier que du présent. Absence de modèles? Incertitude face au lendemain? On ne saurait dire. Dans tous les cas, personne ne les empêche de s’amuser, mais faire de sa vie une éternelle fête n’a jamais été une bonne option.

 


A relire : Burundi : entre désespoir et responsabilité, la jeunesse doit choisir

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