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Burundi : l’esclavage « moderne » largement connu et pratiqué

D’après le Global Slavery Index, une étude annuelle de la fondation Walk Free Foundation, le Burundi est le troisième pays qui recense le taux le plus élevé en matière d’esclavage moderne, juste après la Corée du Nord et l’Érythrée. En 2014, il était classé 40ème. Un triste bond.

Autres temps autres mœurs, affirme l’adage latin. Autres temps, autres formes d’esclavage aussi, suis-je tenté de croire. De toute façon, la récente étude de la Walk Free Foundation légitimerait ma pensée. Je me souviens de ce petit écolier que j’étais il y a peu ou prou une dizaine d’années. Il avait les yeux qui pétillaient devant son maître qui, avec une théâtralisation inouïe, enseignait l’épopée de Mwezi Gisabo qui a fait fuir le Terminator esclavagiste, Rumaliza. L’esprit de ce gosse était à mille lieues de concevoir n’importe quelle forme d’esclavage au pays qui ressemble à un doux zéphyr comme nous le fait savoir la voix suave de Canjo. Sauf que cet esprit n’avait qu’une vision uniforme de l’esclavage, celui des noirs extirpés de leur continent.

Burundi, le triste bond

Modern slavery index, un rapport qui dresse l’état des lieux de l’esclavage moderne vient de sortir un nouveau classement pour 167 pays, dont le Burundi. En 2014, nous étions classés quarantièmes avec une moyenne de 1% de personnes vivant dans des conditions étiquetées d’esclavage moderne. Quatre années après, un triste bond jusqu’à effleurer les 4%, ce qui nous vaut la troisième place en taux mesuré par rapport à la totalité de la population. Les chiffres grimpent quand il s’agit des personnes qui sont vulnérables face à ce fléau : 72,93%!

L’esclavage moderne, c’est quoi même ?

Oubliez toutes les scènes horribles vécues par Kunta Kinte et les siens dans Robots. L’esclavage moderne se fait plutôt soft, dans les apparences. D’où son côté invisible et méconnu. Les critères de  qualification d’un acte comme esclavage moderne sont une kyrielle. Entre autres le trafic des êtres humains. Nul n’ignore l’odyssée des Burundaises qui, avec la complicité des réseaux mafieux, se retrouvent bonnes voire prostituées dans le Golfe, à Oman surtout.

Le travail des enfants l’est aussi quand il relève de l’exploitation. De quoi faire penser à ces « kadogos » grandis avant l’âge. Cet enfant qui erre à longueur de journées dans les rues de la capitale, palettes d’œufs et cacahuètes sur la tête, n’est-il pas en réalité exploité que assisté par un quelconque excès de philanthropie de la part de son employeur? S’ajoutent les servitudes par dette, mariages forcés, esclavage sexuel et autres maux de même acabit.

La réponse du gouvernement burundais est placée dans la catégorie C. Elle n’est pas du tout à plaindre puisqu’elle reconnaît tout un arsenal de moyens mis en place par le système étatique pour éradiquer ce mal. Mais il n’empêche que l’État devrait décupler d’efforts pour atténuer, voire supprimer les affres de cet esclavage moderne qui se fait en catimini et incognito.  

 


A relire : Burundi : la chicote est-elle le meilleur moyen d’éduquer nos enfants ?

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