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Oui, les règles, parlons-en !

Les règles sont taboues et pourtant cela n’a rien d’un mystère. Les superstitions autour des menstrues conduisent à des discriminations comme l’akanogo pratiquée au Burundi bien avant l’arrivée des tampons. Cela dit, plus d’un demi-siècle après l’introduction de ces derniers, l’accès à une bonne hygiène menstruelle n’est pas encore tout à fait résolu au Burundi.

Des croyances bien ancrées décrivent les règles comme une impureté, une souillure du corps qui peut même s’étendre sur tout ce que l’impure aura l’audace de toucher. Ces superstitions conduisent ainsi à des discriminations pouvant être fatales aux femmes menstrues.

Chez nous, heureusement, les superstitions ne mènent pas à une issue fatale. Mais le secret autour des règles frise le ridicule. Il ne faut surtout pas en parler à haute voix. C’est à chuchoter entre filles et pas n’importe où. Non, ce n’est pas un sujet dont on peut discuter tranquillement en bus pour tuer le temps.

Les conséquences de ce tabou sont moins discrètes

Partant de l’ignorance au sujet des menstruations, de jeunes filles découvrent par elles-mêmes cette partie de leur sexualité et finissent enceintes. L’autre préoccupation en rapport avec les menstruations est l’accès difficile aux serviettes hygiéniques pour toutes. Dans les zones rurales et même parfois dans certaines villes du pays, les femmes en sont presque toujours à l’akanogo. Ne pouvant se permettre des serviettes à 2000 francs chaque mois, multipliées par autant de filles à la maison, elles utilisent les moyens de bord, hélas rarement hygiéniques et pratiques : de vieux tissus, des bouts de matelas et même des feuilles de bananier. Ce qui les oblige souvent à rester cloîtrées chez elles.

Comme écrit sur l’une des pancartes de la campagne de sensibilisation à la gestion de l’hygiène menstruelle menée par l’ONG SaCoDé, «si les préservatifs sont distribués gratuitement alors que toute personne est en mesure de se retenir d’avoir des relations sexuelles, pourquoi les serviettes hygiéniques ne le sont pas alors qu’on ne peut pas se retenir d’avoir des règles ?»  

Le plus urgent, et le plus important n’est pas d’étouffer ce sujet, d’en faire le secret le mieux gardé de tous les temps, mais de faire en sorte que les jeunes filles soient conscientes et averties. Et aussi, de se protéger des infections dues à une mauvaise hygiène menstruelle par manque de matériel hygiénique.

 


A relire : Santé : comment les filles de Bujumbura combattent les règles douloureuses

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