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Garde-malade, plan B pour les chômeurs burundais

Récemment, un article de Yaga parlait de la vie des garde-malades dans les hôpitaux publics de Bujumbura. Au-delà des conditions difficiles, prendre soin des malades devient de plus en plus un gagne-pain pour plusieurs chômeurs de la capitale.

À l’Hôpital Militaire de Kamenge, la mère d’Irakoze Ange est hospitalisée depuis plus de six mois. Elle a eu un accident sur la voie publique qui a entraîné une paralysie de ses deux membres inférieurs. Ange m’a révélé que dans un premier temps, ses sœurs et elle se relayaient à l’hôpital avec d’autres membres de sa famille.

Mais comme toutes ces personnes vont régulièrement au travail, elle a fini par remarquer qu’ils n’en pouvaient plus. Ils ont ainsi décidé de commun accord de chercher quelqu’un qui pourrait les remplacer au chevet de la malade. Voilà comment Olivier Nizigama, lauréat en droit à l’Université Lumière de Bujumbura, 4 ans de chômage, a eu son premier boulot.

Un métier convoité

Beaucoup de jeunes, surtout les chômeurs diplômés, y aspirent. De l’Hôpital Militaire à l’hôpital Roi Khaled, en passant par l’hôpital Prince Régent, ceux qui s’y adonnent sont nombreux. « On est sollicité et ça paye bien, on touche entre 120 et 150 mille par mois et la famille se charge de notre restauration. L’effectif de ceux qui font ce métier augmente progressivement. Une association ″Umwizigirwa″ a même vu le jour dans le but de former les nouveaux sur les petites notions médicales et certaines approches psychologiques envers les comportements des malades. », nous a confié Olivier Nizigama

Quant aux qualités et compétences requises, Léonidas Nkunzimana, rencontré à l’hôpital Roi Khaled, 5 ans dans ce métier, nous explique: « Un garde-malade professionnel doit avoir un grand sens du relationnel, un sens d’écoute avec le malade. Il doit aussi créer un lien de confiance entre lui et la famille du malade. Le garde-malade doit aussi faire preuve de disponibilité, de patience, de bonté, de discrétion et de flexibilité ». et d’ajouter: « Il faut avoir un bon équilibre mental pour faire face à chaque cas et à chaque situation, avoir une aisance avec la maladie et la mort, sans oublier, ne pas avoir peur des déplacements courants. »

Des défis

Selon Léonidas, s’occuper à temps plein d’un malade que tu vois pour la première fois n’est pas chose facile : « Les malades sont en général mécontents, car ils souffrent. Comme on passe la plupart du temps ensemble, ils jettent souvent le tort sur nous, nous insultent ou nous rejettent catégoriquement en réclamant les membres de leurs familles ». L’autre défi relevé est en rapport avec la fatigue: « Parfois, nous passons beaucoup de jours sans dormir, les conditions de vie sont un calvaire, ce qui cause des fois des maladies. »

Même s’il y gagne de l’argent, Léonidas ne peut s’empêcher d’interpeller la famille des malades: «Au-delà de notre professionnalisme, j’appelle aussi les proches à rendre visite aux malades car cette tâche ne devrait pas être réservée aux seules personnes embauchées. »

 


A relire : Les gardes-malades au Burundi : une vie de calvaire !

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