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La ponctualité dans le service public ? Faut pas rêver !

Les Burundais se sont malheureusement forgés une réputation de retardataires. Si cela reste tolérable pour les fêtes et autres événements, quand ce manque de ponctualité est projeté à l’échelle des services publics de tout un pays, le résultat est inquiétant.

Ce vendredi, c’est mon dernier jour pour constituer un dossier afin de postuler la semaine prochaine à un poste à temps partiel, « ikiraka » comme on dit. Pour ce, il me faut quelques documents et c’est une course contre la montre car le lendemain c’est le week-end.

Je me réveille très tôt afin que je prenne mon départ à 7h15. Direction : les bureaux de la zone. Il ne me manque plus qu’un seul document, l’attestation d’identité complète. Plutôt simple comme document étant donné que j’ai déjà préparé la photocopie de ma carte d’identité et le formulaire pour ladite attestation. J’arrive aux bureaux de la zone à 7h30. Toutes les portes sont fermées, il y a 2 ou 3 policiers à qui je demande l’arrivée éventuelle du personnel administratif. Ils me rient au nez :« Uri mushasha mu Burundi ? Ninde yakubwiye ko bugurura aya masaha ? » (Es-tu nouveau Burundi ? Qui t’a dit qu’on est ouvert à cette heure ?). Un peu dépassé, je remballe mes airs de pressé et je me tiens tranquille. Une heure plus tard, un homme arrive et ouvre la porte. Je me précipite pour lui dire le but de ma venue. À peine, lui ai-je dit bonjour, qu’il me dit d’attendre: « Ndaguhamagara hanyuma ! » (Je vais t’appeler après). Finalement, j’ai eu le document après plusieurs heures d’attente.

Pour moi, cette expérience était la goutte d’eau qui faisait déborder le vase compte tenu de ce qui m’était arrivé la veille.

Jeudi, 9h30, je passe à la poste voir s’il y a quelques billets de bourse qui restent sur mon compte. J’y trouve une longue fil d’attente. Un seul guichet de paiement est ouvert malgré qu’il y en ait plusieurs de prévus. Des questions me passent par la tête. Est-ce un manque de personnel ? Des retards ? Des absences ? Il y avait des lamentations déjà dans les rangs. Un planton nous dit discrètement qu’il y a une guichetière qui est sortie et une autre qui n’est pas encore arrivée. Les gens commencent à s’énerver et on finit par ouvrir un autre guichet pour désengorger la queue. À côté du manque de motivation notoire du personnel des services publics, les retards, l’absentéisme sont autant de causes derrière l’inefficacité du service public.

Pourtant la loi est claire

L’article 112 du Code du travail prévoit que : « La durée du travail est normalement de huit heures par jour et de quarante heures par semaine. Les heures de travail sont les heures pendant lesquelles le travailleur est à la disposition de son employeur ». L’alinéa 1 de l’article 34, quant lui, stipule que « Le travailleur a l’obligation d’exécuter personnellement son travail ou service au temps, au lieu et dans les conditions convenues ».

Toutefois, ce code du travail vieux de 25 ans mérite d’être révisé car il n’est pas précis quant aux mesures à prendre en cas de violation de certains articles. De plus, même les pénalités restent dérisoires. C’est peut-être même la raison à la base de l’inefficacité des mesures administratives visant la restauration de la ponctualité. Comme ici l’Université du Burundi qui a pris la mesure de réinstaurer le salut du drapeau et qui s’en est mordu les doigts après.

 


A relire : Service public «Made in Burundi »… !

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