Affaire Miss Burundi : les vraies raisons des démissions

Dans l’après-midi du mardi 3 juillet 2018 circulait sur les réseaux sociaux un message annonçant aux candidates de Miss Burundi édition 2018 la démission de l’équipe chargée d’organisation. Quelques jours plus tard, 16 candidates démissionnent  à leur tour, dénonçant des promesses non tenues à deux semaines de la grande finale. Que s’est-il passé au sein de la boîte qui organise l’événement depuis maintenant trois ans ? L’ancien chargé de communication de Burundi Events, André Hakizimana, se livre à Yaga.

Yaga : Pourquoi avoir attendu l’imminence de la finale pour présenter votre démission ?

André Hakizimana : La décision que nous avons prise aurait dû être prise en 2017. Demandez aux candidates de l’édition 2017 et elles vous confirmeront qu’à une semaine de la grande finale, une crise pareille avait éclaté au niveau interne de Burundi Events et toutes les candidates voulaient se retirer. Une crise principalement née d’une absence de vision qui influe par la suite sur le bon fonctionnement de l’équipe technique. Heureusement, nous avons pu gérer la situation. Certaines promesses n’ont malheureusement pas pu être tenues. Jusqu’au jour de notre démission, on était dans la même situation. Que des promesses et non des actes concrets, on ne voulait pas continuer dans le même navire. 

Que reprochez-vous concrètement à Burundi Events ?

Nous lisions ce qui se dit, nous suivions les plaintes et appréciations des uns et des autres et nous espérions nous rattraper avec la compétition de 2018, mais aucun effort n’a été fourni de la part de Burundi Events. La société a même refusé de débloquer les fonds nécessaires pour la finale initialement prévue le 21 juillet tels que présentés par le comité d’organisation.

En parlant de fonds, Burundi Events ferait aussi face à des soucis financiers…

Absolument. Seuls 20% des fonds nécessaires pour l’organisation de l’événement Miss Burundi 2018 étaient disponibles à 18 jours de la grande finale contrairement à ce qui a été annoncé. Mais à part le manque de moyens, il y a un grand problème d’organisation interne au sein de Burundi Events. Le manque de vision, d’appartenance culturelle et de leadership de l’organisation qui détient en ce moment la licence d’exploitation de Miss Burundi sont des obstacles à son essor. La compétition Miss Burundi ne devrait pas être un fundraising – où sur 40 lettres de demande de sponsor on ne reçoit que deux ou trois partenaires seulement – mais plutôt il devrait être un événement dans lequel beaucoup de gens investissent. Mais on ne peut pas demander à d’autres de faire ce qu’on ne fait pas soi-même…

On parle aussi d’un manque de considération de Burundi Events envers les candidates et les lauréates…

Je ne peux pas tout dire ici mais je vais vous donner un petit exemple parmi tant d’autres : la voiture qui sera offerte à la nouvelle Miss a été achetée en février dernier. On avait demandé qu’elle soit exposée dans un endroit public comme à la place de l’indépendance ou au centre-ville vers le kiosque Coca-cola pour que les gens puissent voir et admirer le cadeau qui sera remis à la prochaine « beauté du pays ». Ou qu’elle soit tout simplement conservée quelque part en attendant le jour de la finale. Mais au lieu de ça, la voiture continue à circuler en ville et à faire des courses d’ordre personnel ici et là. On a demandé à maintes reprises que cela cesse  en vain mais on nous a fait comprendre qu’on n’avait pas la même considération des Miss et de l’événement en soi.

Votre démission vise quel objectif ?

Cette décision a pour but d’alerter l’opinion publique et les institutions du pays. Ces dernières doivent prendre en main cette question parce que Miss Burundi devrait être organisé avec l’implication de l’État et non par des particuliers seulement car il en va de l’image de la nation. Et selon mes informations, certaines institutions du pays auraient pris en main la compétition. J’espère qu’elles lui insuffleront une nouvelle dynamique organisationnelle.

 


A relire : #DossierMissBurundi : derrière les sourires

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