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Indépendance avez-vous dit ?

Au surlendemain de la célébration de la fête de l’indépendance, c’est le moment opportun pour s’interroger sur le vrai sens de ce mot. Le blogueur Ézéchiel Ndayizeye s’y attelle dans ce poème critique.

Il y a des terres où on fait des rêves,
Ici, ceux qui rêvent se voient encore annihilés
Par des esprits dont ils ignorent les nécromanciens.
Et au lieu de revoir leurs manières de faire les choses,
Ils se perdent encore dans des fêtes superflues.
Ne vous en faites pas ! J’ai bien vu…le pays est sur les rails,
Et j’en suis le témoin vivant.
Mais, permettez-moi de revenir sur un détail,
Un brûlant détail, une péripétie, un embarras…

Vous me pardonnerez mon insolence,
Mon excitation de poète enragé
Qui n’a jamais exécuté aucune mission trump-ienne.
Chez les miens, les choses tourbillonnent étrangement :
Les rétifs invoquent la démocratie,
Les escamoteurs revendiquent la liberté,
Les illuminés jalousent l’indépendance,
Et les désœuvrés convoitent la manne des dieux de la planète.

Circulez, circulez…la voie est libre depuis 1962.
Pour certains, tous les feux sont verts,
Pour d’autres, ils sont toujours rouges.
Mais quand Monsieur Indépendance fait irruption,
On la ferme… La priorité, c’est toujours pour lui.
Même les feux rouges deviennent verts.

Chez les miens,
J’en ai vu qui vendent leur humanisme aux enchères
Avec l’envie de violer le temps
Pour s’offrir tous les plaisirs de la vie.
Les caisses de l’État ont du mal à se révolter,
Le favoritisme, quant à lui, joue les grands arbitres.
Certains dupés par la peur d’être disgraciés
Finissent dans les draps de la malversation
Et leur définition de développement devient :
« On me sert car la fin est proche».
Au nom de l’indépendance,
Ils prépareront leur grand départ.
Une affaire de 6 mois prendra 5 ans,
Car tout le monde le sait, ce n’est pas facile.
Dans les moments les plus intenses,
Monsieur Indépendance ne fera que les observer.
Lui, il sait une chose :
Celui qui pense développement n’a pas besoin
De justifier ses échecs, il démissionne.
Savent-ils déjà démissionner ?…un casse-tête.
Parce qu’il n’y a pas de remplaçant, donc on reste !

Ces êtres étranges m’intriguent nuit et jour.
À voir leurs efforts pour combattre la lucidité,
Leurs amitiés indissociables avec les pots-de-vin,
Leur éternel amour envers les snacks de la place,
On déduit qu’ils ont encore besoin,
Et bien plus encore…d’un visionnaire pour les raffiner!

Chez les miens,
Il ne sert à rien d’être une bête de l’intelligence,
Un diplôme, un job, une maison, une femme, une voiture
C’est ça l’indépendance…fini le ramadan!
Le reste, les Chinois s’arrangeront pour le faire ;
De toutes les façons la technologie japonaise
Sera toujours la bienvenue
Sur les routes chinoises…oups !
Plutôt africaines made in China, …Brrrrrrr
Alors on s’extasiera sur le boulevard du Japon
En pleine capitale nyaburung-ienne…

Dans ma folie de poète, je suis à la recherche…
De ces « ingénieurs » qui ne sortent jamais leurs têtes
Pour faire de cette capitale un lieu d’attraction touristique,
Mais qui, le 1er juillet, ne s’empêchent jamais d’étaler leur fierté
Sur le fameux boulevard;
De ces journalistes « professionnels » à l’éloquence inouïe
Qui ne savent pas encore où le pays est censé aller ;
De ces « docteurs » qui savent bien que se faire soigner ici
C’est encore une autre définition de la peine de mort ;
De ces licenciés en littérature…je ne sais quoi encore
Qui n’osent jamais bouger leurs cervelles
Pour coucher noir sur blanc
Afin de faire entrer ce pays dans la cour des grands esprits ;
De tous ces « intellectuels » qui se contentent de danser,
De montrer leurs cous torturés par de jolies cravates,
Dans un pays qui peine encore à se faire une place sur Wikipédia.
De ces « éminents » qui posent toujours des actes insignifiants
Et qui vont toujours crier dans les médias qu’ils ont tout fait.
Parce que j’ai envie de leur dire
Que l’indépendance,
Ce n’est pas une excitation mentale
Ce n’est pas une cérémonie annuelle,
C’est un état d’esprit,
C’est une vision claire et absolue,
C’est un système de l’éducation
Qui donne naissance aux génies,
Aux cerveaux capables de créer.

Vous me pardonnerez mon insolence
Car je ne suis plus excité par le 1er juillet,
Ouvrir la radio et entendre que je vis
Dans un pays le plus « pauvre » de la planète,
Ça m’embête…

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Les commentaires récents (1)

  1. Waouuuh quelle plume donc!
    Ça c’est du lourd, Chapeau à toi,grand poète,frère de plume. L’indépendance ne se réduit pas en une cérémonie,c’est plus que ça…C’est un état d’esprit Bien dit!

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