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UB : la fac des sciences et celle des lettres, deux fausses jumelles

Au-delà de la différence intrinsèquement liée aux matières qui y sont dispensées, la faculté des lettres et celle des sciences de l’Université du Burundi sont tels le jour et la nuit. « Comment ? », vous demandez-vous. Petite visite guidée de la blogueuse Bella Lucia Nininahazwe.

C’est ta première fois à l’université du Burundi ? Emprunte donc l’entrée principale sur le boulevard du 28 novembre. Par là, tu accèdes directement à la faculté des sciences. Une verdure bien propre, de fleurs taillées sur mesure, des salles de classe bien propres. Tout est bien rangé, des boutiques à la cafeteria, des latrines aux poubelles, chaque chose a sa place chez ces amis de Pythagore.

Un visiteur qui n’aura pas le temps de continuer sa promenade, classera l’université du Burundi parmi les plus propres campus du pays. À tort.

À l’extrême opposé, on peut pénétrer dans les enceintes de l’Université du Burundi en passant par le boulevard de l’Uprona. À ta gauche, tu verras un grand bâtiment d’un blanc cassé. Regarde avec beaucoup plus d’attention, une petite portière te donne accès à l’intérieur. Bienvenue dans la faculté des lettres et sciences humaines. Tu as tes papiers-mouchoirs usés ? Ne t’inquiète pas, il y a une petite poubelle bleue sur ton chemin. Mais, que vois-je donc ? Elle est déjà débordée.

De mal en pis

Ne te pose pas de questions sur le petit jardin dans la cour du bâtiment qui a l’allure d’un terrain en jachère. Non plus sur ces bancs pupitres couverts de poussière devant les salles de classe. Fonce plutôt vers l’intérieur de l’une des salles : si tu es chanceux aujourd’hui, tu trouveras une petite salle bien mise, mais sache qu’il y a peut-être un travail de fin d’études qui va être défendu et le candidat a donné une petite somme au planton pour faire son « travail ».

As-tu toujours soif de découvrir la faculté des lettres ? Prends ton courage à deux mains et monte les escaliers. Tu entres par hasard dans la salle 104 ? La petite salle est remplie à moitié de bancs délabrés. Un des quatre tubes d’éclairage clignote, d’autres ont déjà rendu l’âme.

Curieux, tu voudras visiter le célèbre amphithéâtre Ntahokaja. Tu ne seras pas déçu. Tu le trouveras embelli de toiles d’araignée depuis la toiture jusqu’aux bancs.

Cher visiteur, ne sois pas étonné. Quand j’étais à l’université, notre fac était considérée comme celle des « fêtards », ceux qui ne se soucient de rien.

Je hais les sciences et tout ce qui s’y apparente mais quand je visite mon ancienne faculté, une question ne cesse de me revenir à l’esprit : et si les matheux inspiraient les littéraires, ne fût-ce que pour l’ordre et la propreté ?

 


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Les commentaires récents (3)

  1. c’est évident ce que vous dites.Et je n’aurais pas d’erreur si je me fais une conclusion que les responsables de cette faculté s’en foutent.L’étudiant »littéraire » s’en rend compte,mais il n’est qu’un observateur impuissant.

  2. C’est roujour un plaisir de lire vos textes. Très belle plume rehaussée d’un humour taquin. Un regal. Pour cet article, merci de rendre justice à ma chere fac (Sciences). Mais tout depend du doyen. Je me rappeller qu’un jour, le doyen est venu donner cours et on avait oublié d’effacer le tableau, il est ressorti sans dire mot. C’est après qu’on a compris. Pour vous dire à quel point ils peuvent se montrer intolerants.

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