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Tricherie au concours national : « Quelle mouche a piqué les encadreurs ? »

Lors de la passation du concours national édition 2018, des cas de tricheries organisés par l’administration scolaire et les enseignants ont été enregistrés dans les provinces Bubanza et Kayanza. Quel exemple ces éducateurs donnent-ils à leurs disciples?   

Enfants, on nous disait que les enseignants secondaient nos parents de sang. Normal et compréhensible puisque à partir de six ans jusqu’à l’âge adulte, nous sommes avec eux, notre avenir est entre leurs mains. Ils nous inculquent les valeurs du travail, de l’honnêteté et de la compétition.

Je me rappelle que le jour du concours national était un jour spécial. Toutes les matières circulaient dans nos petites têtes, tellement on avait révisé. Les enseignants y mettaient toutes leurs énergies, parfois recouraient à la chicotte, qui je l’avoue, a traumatisé plus d’un. Le jour J, les enseignants se pointaient à la première heure pour nous rappeler certaines consignes. « N’oubliez pas de mentionner vos numéros respectifs sur les copies! Travaillez d’abord sur vos brouillons puis copiez les bonnes réponses au propre. Évitez les tricheries et concentrez-vous ». Ils y tenaient tellement que pour nous on n’avait pas le droit à l’erreur. Notre réussite était leur fierté.

Le scandale du 5 Juin dernier révolte l’élève que j’ai été et l’encadreur que je pourrais être. Quelle motivation pousserait une autorité scolaire, des enseignants, ceux qui sont garants de l’avenir du pays, à perpétrer de tels actes ? Où est partie cette éthique et déontologie de l’enseignant, cet amour du travail ? Où est donc passé ce don de connaître les forces et les faiblesses de chaque élève afin de faire de lui un homme ou une femme de valeur?

Prise de conscience

Selon le code pénal burundais, les auteurs et coauteurs de fraudes scolaires sont punis d’une servitude pénale de cinq ans au maximum et d’une amende de cinquante mille francs à cent mille francs bu. Mais qu’à cela ne tienne, le pays n’a pas besoin d’enseignants à la cathédrale de Mpimba, mais plutôt sur les devants des pupitres, formant les futurs cadres et décideurs de la patrie.

Pour ce, le problème doit être réglé à la source. La formation des futurs enseignants doit être de rigueur, et les administrateurs scolaires doivent être compétents, faute de quoi la jeunesse burundaise est condamnée à végéter dans une médiocrité inculquée par leurs encadreurs. Le monde à l’envers!

 


A relire : L’enseignement au Burundi : comment sortir de la médiocrité?

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