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Kadogo, grandir avant l’âge

On observe dans la ville de Bujumbura et dans d’autres centres urbains du Burundi le phénomène des travailleurs mineurs dits Kadogo. Ils ont entre 10 et 15 ans et font des travaux qui, souvent, dépassent leur capacité physique. Et tout le monde semble ne pas s’en inquiéter.

Chaque 12 juin, le Burundi s’associe au reste du monde pour célébrer la journée mondiale de lutte de contre le travail des enfants. Cette année, on peut lire sur le compte Twitter du site Ikiriho : « Le #Burundi se joint aujourd’hui le 12 juin, au monde entier pour la célébration de la journée Mondiale contre le Travail des Enfants sous le thème:  »Génération Sécurité et Santé’».

Mais comme chaque année, ce ne sont que des paroles.

Les «Kadogo », ces gamins et gamines que nous croisons souvent, viennent pour la plupart de l’intérieur du pays à la recherche d’un lendemain meilleur. La pauvreté est  l’une des raisons majeures qui poussent ces enfants à quitter leurs familles.

Pour les filles, la quasi-totalité devient des baby-sitters ou s’occupe des travaux domestiques tandis que les garçons sont souvent des vendeurs d’arachides grillés et d’œufs dans les rues de la capitale.   

Sous un soleil de plomb, ces mineurs circulent de quartiers en quartiers pendant des heures et des fois sans avoir rien avalé, pour un salaire de misère. J’ai pu discuter avec Claude, 15 ans, originaire de la Commune Gatara en Province de Kayanza.

Des rêves d’enfant à la désillusion

Claude est venu à Bujumbura pour travailler comme «groom ». Il est arrivé depuis quelques mois. Il raconte ce qui l’y a poussé : « Après la mort de mon père, tout a changé. D’abord faute de moyens, j’ai dû abandonner l’école parce que ma mère ne pouvait pas assurer ma scolarité ».

Sa cousine, qu’il prend en «bienfaitrice », se présente à la maison et propose à sa mère de l’emmener avec elle à Bujumbura. Le jeune garçon lui est aux anges : « J’avais hâte de  voir Bujumbura et pouvoir  gagner de l’argent. Je me voyais déjà en futur riche de ma contrée. »

Espoir de sa famille, sa mère  prend l’une des deux chèvres qu’ils avaient à la maison pour la vendre et lui donner le ticket du bus. Arrivé à Bujumbura, ce fut la désillusion complète. Le travail que le jeune garçon imaginait aisé se révèle tout autre : « Je dois puiser de l’eau sur une borne – fontaine située à des centaines de mètres de la maison, cuisiner, balayer la maison, faire la lessive,… et après une dure journée de travail, je n’ai qu’une natte que je déroule dans une cuisine enfumée pour dormir ».

Depuis, le quotidien du jeune homme se résume à de longues journées de travail, le transport de lourdes charges, les injures, les violences physiques, pour un salaire de 15 mille francs burundais par mois (quelques huit dollars).

« Et s’il y a des casses, c’est sur ce salaire que l’on retranche la somme pour remplacer le bol ou l’assiette cassée », confie-t-il.

Ouvrons les yeux

Au lendemain de la journée de lutte contre le travail des enfants, un appel urgent est lancé à l’ endroit du gouvernement et des associations de défense des droits de l’enfant.

La place des enfants est dans les familles. Or, tous ces travaux leur privent de leurs droits fondamentaux tels que l’accès à l’éducation et aux soins de santé, le droit aux repos et aux loisirs, le droit d’être protégé et d’avoir des contacts réguliers avec leurs parents ou leurs semblables. Des privations avec un impact physique, moral et psychologique sur  le développement, la santé et leur bien-être.

Que l’État instaure une loi mettant fin à l’exploitation des mineurs et des enfants et fasse de l’école fondamentale une obligation pour tous les enfants. Que l’on sorte enfin des discours creux.

 


A relire : Droits des enfants : les animaux font-ils mieux que nous ?

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Les commentaires récents (1)

  1. Les enfants ne sont pas des fardeaux c’est pourquoi nous devons nous unir ensemble pour leur protection!Ensemble;éradiquons les pires formes des travails des enfants!!