article comment count is: 0

Université du Burundi : un couvre-feu handicape l’apprentissage

Même si la sécurité semble revenir à la normale à l’université du Burundi après le referendum de mai dernier, une règle pose encore problème, surtout aux étudiants externes du campus Mutanga qui ont besoin de prolonger leur révision : le couvre-feu fixé à 21h.

Désormais, au-delà de 21h, les étudiants vivant en dehors du campus Mutanga ne sont pas autorisés  à continuer  leur révision dans les auditoires du campus. C’est une mesure prise par le service Sécurité et encadrement civique de l’université du Burundi et annoncée dans un communiqué du 23 mai cette année.  Passée cette heure, toutes les portes sont fermées à l’exception de celle qui mène au Boulevard de l’Uprona, qui ferme à 23h.

Cette dernière même si elle reste ouverte plus longtemps que les autres voit peu d’étudiants l’emprunter la nuit car elle donne sur un espace dangereux où on peut se faire agresser, voler voire violer.

Un étudiant qui ne respecte pas le couvre-feu et qui veut passer par une des sorties qui donnent directement sur la civilisation voit  ses documents saisis par la police. Des sanctions suivront. Toutefois, des arrangements sur le champ peuvent avoir lieu.

Extorsion

Junior (pseudo) est un étudiant inscrit en BAC I. Dernièrement, il sortait du campus à 21H15 et est tombé nez à nez avec les policiers qui gardaient l’entrée dite «  de Nyakabiga ». Sans même lui demander s’il était étudiant ou pas, ils ont saisi sa carte d’identité. Il les a suppliés en vain. Il est resté là, en attente du pardon de ces « encadreurs » en uniforme. Après quelques minutes, me raconte Junior, un autre groupe était attrapé et tous leurs documents saisis. Ceux qui comprenaient le langage des policiers se sont vite mis à vider leurs poches et donner quelques billets pour récupérer leurs documents.

« J’ai vite compris le système. Je n’avais rien dans la poche sauf un billet de 1000 FBU et huit pièces de cinquante francs. Ce qui fait une somme de 1400 Fbu. Les gars en uniforme n’ont pas hésité à prendre cette somme, ils ne m’ont même pas laissé les pièces… », me raconte Junior en riant.   

Ma recommandation

Les auditoires du campus Mutanga sont depuis longtemps utilisés par des étudiants des universités tant publiques que privées. C’est un endroit favorable à une bonne concentration. Il y a des gens qui vivent dans des quartiers/familles où la concentration n’est pas facile : dérangements, responsabilités, etc. Trouver un endroit  comme le campus reste important pour eux.

Dans le passé, les externes pouvaient réviser jusqu’à minuit et rentrer tranquillement. Pourquoi cela n’est-il pas possible aujourd’hui ? Les externes sont-ils les premiers perturbateurs de la sécurité des homes universitaires ? J’en doute. Il est vraiment facile de distinguer un étudiant d’une autre personne. Que la règle soit appliquée sur les autres  personnes qui fréquentent le campus sauf les étudiants. Qu’il soit de l’université du Burundi ou pas, c’est un enfant du pays, c’est l’avenir. Il doit étudier en toute liberté et autant qu’il veut. Le Burundi a besoin des innovateurs, de bons chercheurs et experts.

Certes, la sécurité doit être garantie aux campus. Mais le développement de la science doit être mis en avant. Et la meilleure sécurité pour un étudiant, c’est le bon rendement à la fin de l’année académique.

 


A relire : Université du Burundi : après le référendum, le beau temps

Partagez-nous votre opinion

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure utilisation sur ce site web.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Si vous souhaitez en savoir plus sur les cookies que nous utilisons, veuillez lire notre politique relative aux cookies.