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Burundi : comment se protéger du «revenge porn » ?

Une fois encore, le revenge porn vient de faire une victime à Bujumbura. Mais cette fois-ci, l’attaque s’apparente plus à de la « sextorsion ». Des photos ont été diffusées sur Facebook suite à un chantage qui n’a pas abouti. Comment se protéger de tels agissements criminels ? Fabrice Nkengurukiye nous fournit quelques pistes de solution.

L’attaque a été perpétrée sur Facebook par un nouveau compte, qui invitait les connaissances et parents de la victime à être amis avec lui. C’est par après que le compte a commencé à partager les photos dénudées ou suggestives de la victime. Et pire encore, après avoir écouté les audio whatsapp du gars que je vais appeler «Monsieur » pour ne pas le traiter d’autre chose, on se rend compte qu’il faisait chanter la victime. Si elle ne payait pas « 80.000 francs burundais sans commentaire ! », il allait divulguer les photos. Ce qui a fini par arriver, nous laissant déduire que le deal n’a pas abouti.

Le phénomène de revenge porn avait perdu de son ampleur, sauf les cas les plus récents où ce sont les policiers qui sont derrière le smartphone. Mais là,  on est dans une autre dimension. D’après Murielle Cahen sur atlantico.fr, les conséquences psychologiques de ce déballage d’une intimité sexuelle  sont évidemment lourdes. Cette exposition constitue un véritable traumatisme et nécessite une prise en charge thérapeutique, même si naturellement les conséquences  varient d’une personnalité à l’autre.  La fureur ou la colère initiale laisse ensuite place à des sentiments qui peuvent être le dégoût de soi, la culpabilité conduisant parfois au suicide.  À certains égards, ces sentiments peuvent être proches de ceux que ressentent les femmes victimes d’un viol.

Comment « essayer » de se protéger

La solution est simple pour certains : NE PRENEZ PAS CES PHOTOS ou NE VOUS LAISSEZ PAS CONVAINCRE de vous prendre en photo par votre conjoint.e, copain.ine, ami.e, amant.e. Les relations humaines étant toujours compliquées, on n’est jamais vraiment à l’abri d’un revenge porn.

Pour ceux qui aiment les jeux coquins pour l’une ou l’autre raison, prenez des précautions telles que :

  • Si c’est pour vous-même, prenez, regardez et effacez. Si vous voulez vous regarder encore et encore, mettez les photos dans un dossier protégé par mot de passe sur votre ordi/clé USB ou smartphone.
  • Ne jamais oublier le verrouillage automatique sur smartphone ou ordi et bien sûr le déverrouillage par mot de passe, ça va de soi. Quand quelqu’un laisse son téléphone, la plupart des gens, innocemment ou pas, ont tendance à y jeter un coup d’œil. Et devinez par on commence, la galerie de photos. Une personne mal intentionnée peut se les envoyer en moins de deux.
  • Activer la double identification pour vos comptes réseaux sociaux car certaines personnes ont la mauvaise manie de s’envoyer des photos par messagerie instantanée. L’option permet de recevoir un mot de passe sur son téléphone avant de se connecter sur un autre appareil. Mais si c’est votre téléphone qui a été volé, bonne chance.
  • Déclarer le vol le plus tôt possible à la police mais cela n’est pas chose facile chez nous, vu les démarches à faire.
  • Facebook travaille sur un algorithme qui permettrait de filtrer les photos compromettantes. Il suffit juste de lui envoyer les photos de vous-même que vous jugez un peu trop osées et Facebook les mettra dans leurs bases de données pour les bloquer si quelqu’un d’autre décide de les publier. Plutôt bizarre comme solution vous ne pensez pas ? Facebook étant Facebook, prudence.

Ceux à qui le mal est déjà fait, ils peuvent déposer une plainte à la police judiciaire ou au parquet. Le chantage est puni par l’article 284 du code pénal d’un an à cinq ans de servitude pénale et d’une amende de 50 000 à 100 000 Fbu tandis que le harcèlement est sanctionné par l’article 269 avec une peine d’un à deux ans et une amende de  6 000 à 100 000 Fbu.

Malheureusement, le délit de revenge porn n’a pas encore fait son apparition dans notre Code pénal comme cela s’est fait dans d’autres législations, une lacune à laquelle les législateurs devraient remédier.

Sinon, on peut toujours essayer de négocier avec le harceleur, la stratégie des USA de ne pas négocier avec les terroristes ne fonctionne pas toujours. Si la réputation est en jeu, il vaut mieux prendre quelques risques à mon avis et puis porter plainte après.

 


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